WATEC : Privé d’or noir, Israël capitalise sur l’or bleu

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L’eau est une denrée rare et précieuse pour la planète, nous en sommes conscients. A l’échelle d’un pays tel qu’Israël, le constat se pose avec encore plus d’acuité, tant sur le plan géostratégique que “logistique”, destiné à couvrir les besoins domestiques, agricoles ou industriels.

Israël est un pays minuscule, entouré de voisins qui lui sont hostiles pour l’essentiel. Dès lors, comment mener une politique de l’eau cohérente, efficiente et durable? Doit-on craindre une guerre de l’eau à l’échelle régionale ou au contraire, peut-on envisager la question de l’eau comme vecteur de paix? L’espoir est immense…tout comme le défi.

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L’hydro-diplomatie est ainsi devenue un sujet de premier ordre pour la zone proche-orientale, au cœur des débats et polémiques. La nature aride du climat de la région et la pression démographique ininterrompue, associées à une industrialisation accrue et une surexploitation des ressources hydrauliques impose, à plus ou moins long terme, une coopération entre Israël et les pays avoisinants.Les peurs rattachées à ce trésor convoité de tous se concentrent autour des risques liés à la souveraineté nationale, à la sécurité ainsi qu’aux aspects économiques inhérents à la gestion et au traitement des ressources en eau… Sans oublier évidemment le climat de méfiance que des décennies de conflit ont imprimé durablement dans les esprits des gouvernements et des populations de part et d’autre.

Nous avons pourtant de bonnes raisons d’être optimistes pour l’avenir. Après quelques précédents, plus ou moins ambitieux et plus ou moins couronnés de succès (l’idée d’une « Jordan Valley Authority » lancée en 1936, le plan Johnston de 1954, la signature en 1989 d’un accord entre la Turquie et Israël, le traité de paix israélo-jordanien de 1994, …), tous les espoirs se tournent désormais vers un projet de grande envergure, à visée politico-écologique, à savoir : la construction d’un canal reliant la mer Rouge et la mer Morte et destiné – pour moitié – à stabiliser le niveau de cette dernière. L’autre moitié de l’eau recueillie sera gérée conjointement par Israël, l’Autorité Palestinienne et la Jordanie pour être déversée au sein d’un bassin de dessalement d’eau de mer et par conséquent retraitée afin de pallier le déficit d’eau douce de la région.

Par ailleurs, dans ce contexte aggravant de « stress hydrique », Israël est mondialement reconnu comme étant à la pointe de la recherche en matière d’eau. L’expertise israélienne n’est plus à démontrer et pourrait bénéficier à l’ensemble de ses voisins. Certes, le sujet est sensible mais il est, avant tout, crucial pour la survie respective des populations de la région.

Le miracle hydrique israélien est antérieur à la création de l’état d’Israël même s’il s’est particulièrement développé à partir de 1948. Depuis, il s’est consolidé si bien qu’aujourd’hui, Israël fait partie des leaders mondiaux de la “ruée vers l’eau”… Ses efforts se concrétisent sur différents volets, à commencer par celui de l’économie de la ressource en eau. En effet, il faut veiller avant tout à ne pas la gaspiller avant de penser à accroître le volume d’eau disponible (prévention des fuites et autres anomalies sur le réseau de distribution avec des sociétés telles que Takadu, optimisation du stockage du précieux liquide, incitations tarifaires pour la population, techniques agricoles de pointe économes en eau, notamment avec le système de l’irrigation goutte à goutte, créé dans les années 1950, par la société Netafim).

La manne hydraulique provient également de ressources additionnelles issues du recyclage systématique des eaux usées. En effet, Israël retraite ses eaux usées et les détourne au profit de l’agriculture, extrêmement consommatrice en eau. Le taux de recyclage des eaux usées israéliennes avoisine les 80%, ce qui place le pays en première position sur la scène internationale, loin devant le numéro deux: l’Espagne dont le même taux plafonne à 12%. De nombreuses sociétés israéliennes se sont ainsi spécialisées avec succès dans les domaines de la filtration et la purification de l’eau, parmi lesquelles Aqwise, Amiad ou encore Emefcy.

Parallèlement au recyclage, plusieurs mesures permettent de lutter contre la pollution de l’eau et les diverses sources de contamination de cette dernière, qu’elle soit accidentelle, terroriste ou encore liée à des catastrophes naturelles. Des sociétés telles que Whitewater Security développent à cette fin des procédés remarquables de sécurisation des systèmes hydrauliques.

L’autre volet sur lequel Israël intervient est celui du dessalement de l’eau de mer. Israël possède aujourd’hui quatre grandes usines destinées à combler la pénurie d’eau domestique. Des sociétés telles qu’IDE Technologies ou Desalitech jouent un rôle crucial en la matière et font d’Israël un leader mondial pour le dessalement par osmose inverse SWRO (Sea Water Reverse Osmosis). A court terme, le dessalement devrait fournir près de 85% de la consommation d’eau potable d’Israël.

Enfin, le dernier volet majeur pour lequel Israël excelle concerne celui de sa recherche sur ces sujets vitaux pour le pays. L’innovation est le moteur d’Israël en général et le pays met un point d’honneur particulier à l’étendre au profit d’avancées environnementales : coopération accrue entre les universités et les entreprises, formation pointue des professionnels, exportation de ses bonnes pratiques aux pays en développement, collaborations internationales multiples….

Précisément au sujet des pays moins avancés sur le plan du traitement et de la gestion de l’eau, la contribution d’Israël n’est certes qu’une goutte d’eau dans la mer mais elle est exemplaire, redoutablement efficace et reconnue. Du reste, les Nations-Unies ont proclamé 2013 « Année internationale de coopération sur l’eau ». Ce qui permet de conclure sur une lueur d’espoir en posant la question suivante : Et si la pénurie d’eau venait à transformer la donne en soif de paix et coopérations internationales ? Afin de mesurer l’engagement d’Israël dans ce sens, le pays accueillera du 22 au 24 octobre prochain le Forum WATEC, consacré aux technologies de l’eau et aux questions environnementales.

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