Alzheimer : des chercheurs israéliens ont découvert un processus qui retarde le développement de la maladie

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Des chercheurs de l’université de Tel-Aviv ont identifié un processus biologique qui freine le développement de la maladie d’Alzheimer, et nourrissent l’espoir de développer un médicament pour son traitement.

On savait que la stimulation de l’activité cérébrale et physique est susceptible de ralentir le développement de la maladie d’Alzheimer. Des chercheurs de l’université de Tel-Aviv, en collaboration avec celle de Bar-Ilan, ont découvert l’origine biologique de ce phénomène, ouvrant la voie au diagnostic précoce de la maladie et au développement de médicaments ciblés adaptés au traitement de chaque malade.

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L’étude publiée dans la revue Translational Psychiatry a été réalisée par le Dr. Boaz Barak, dans le laboratoire du Prof. Uri Ashery du Département de Neurobiologie de la Faculté des Sciences de la Vie de l’Université de Tel-Aviv, en collaboration avec le Dr. Noam Shomron et le Prof. Daniel Michaelson de cette même université, ainsi que le Dr Eytan Okun de l’université de Bar-Ilan.

La maladie d’Alzheimer s’accompagne d’une dégénérescence des neurones du cerveau et d’une perte de la mémoire. Elle touche principalement des personnes de plus de 65 ans et reste pour le moment incurable. Sur le plan biologique, elle se caractérise par la diminution des protéines qui régulent la transmission des informations entre les neurones, provoquant une détérioration des facultés cognitives et physiques du malade.

Il s’avère cependant que ces protéines augmentent considérablement lorsque le patient est exposé à un environnement riche en stimuli. Au cours de l’étude, les chercheurs ont suivi en laboratoire l’évolution de la quantité des molécules de micro-ARN, dans un organisme sain et dans un organisme atteint par la maladie d’Alzheimer. Les micro-ARN sont de petites molécules d’ARN qui jouent un rôle essentiel dans le processus de transcription des informations génétiques en protéines nécessaires au fonctionnement cellulaire.

Les chercheurs ont comparé le comportement de ces séquences de micromolécules en plusieurs étapes, avant et après l’apparition de la maladie, dans un environnement normal et dans un environnement riche en stimuli. Selon le Prof. Ashery, il s’est avéré que les séquences de micro-ARN non seulement améliorent l’état des malades, mais elles fonctionnent de plus comme des interrupteurs de contrôle de groupes entiers de protéines qui ont un rôle vital dans le fonctionnement cellulaire. Les séquences de micro-ARN qui augmentent à la suite de la maladie diminuent grâce à l’exposition à un environnement riche en stimuli. Ces mêmes séquences sont également responsables de l’expression des protéines qui influencent la communication entre les neurones du cerveau, comme l’explique le Dr. Barak: “l’expression des séquences de micro-ARN dans les neurones augmente à la suite de la maladie, conduisant à une diminution de la quantité de protéines risquant d’endommager l’activité neuronale du cerveau. En revanche, l’exposition à un environnement riche en stimuli a provoqué une baisse de l’expression de ces séquences, entraînant une augmentation de la quantité de protéines, susceptible d’améliorer l’activité de ces neurones”.

Un futur diagnostic par simple prise de sang

Enfin, certaines de ses séquences ont subi des transformations quantitatives au tout début de la maladie, et pourront donc être utilisées dans l’avenir afin de la diagnostiquer dès son commencement, peut-être même par une simple prise de sang. “Ces séquences de micro-ARN ont une importance décisive pour la compréhension des premières étapes de la maladie au niveau cellulaire. Les études réalisées ces dernières années montrent qu’il est possible de les repérer et de les quantifier par une simple prise de sang, et j’espère qu’il sera prochainement possible d’identifier de tels changements directement dans le cerveau et pas seulement par le sang” dit le Dr. Barak.

Selon les chercheurs, les résultats de l’étude ouvrent des horizons considérables pour le traitement d’Alzheimer, par le dosage possible de l’expression des séquences de micro-ARN suivant les besoins permettant de ralentir considérablement la détérioration de l’activité neuronale; en favorisant l’adaptation de traitements ponctuels pour chaque patient selon le rythme de progression de sa maladie; et par le potentiel de développement de médicaments ciblés.

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