Bientôt la fin des antibiotiques… les israéliens préparent l’alternative !

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Des chercheurs de l’Université de Tel-Aviv ont réalisé une avancée considérable dans le développement d’un substitut aux antibiotiques. Ils ont réussi à isoler une protéine, présente dans les virus bactériens, qui tue les microbes. La substance, inoffensive pour le corps humain, empêche la bactérie de se diviser, et donc se développer et d’engendrer des infections.

Selon les chercheurs, le Dr. Udi Qimron, le Dr. Ido Yosef et les doctorants Ruth Kiro et Shahar Molshanski-Mor, tous du Département d’Immunologie et de Microbiologie cliniques de la Faculté de Médecine de l’Université de Tel-Aviv, “Il sera possible dans l’avenir de produire un nouvel antibiotique à partir de cette protéine”. Les résultats de l’étude, réalisée en collaboration avec des scientifiques du Centre médical de l’université de Duke en Californie, ont été publiés dans la revue Proceedings of the National Academy of Sciences.

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Vaincre la résistance aux antibiotiques

Au cours de ces dernières décennies, la résistance des bactéries aux antibiotiques a dramatiquement augmenté, laissant la médecine moderne souvent impuissante à lutter contre les infections et les maladies bactériennes. Le rythme de la création de nouveaux antibiotiques n’est pas suffisamment rapide pour enrayer ce phénomène. L’Organisation mondiale de la Santé a défini ce problème comme l’une des trois plus grandes menaces pour la santé publique. C’est pourquoi le Dr Qimron et son équipe se sont tournés vers un autre moyen de lutte contre les infections : les bactériophages.

Les bactériophages (ou phages) sont des virus qui n’infectent que les bactéries. A la différence des autres virus qui se reproduisent à partir des tissus humains, les phages ne s’attaquent qu’aux microbes. Ils s’accrochent à la cellule bactérienne, lui injecte de l’ADN et se reproduisent rapidement à l’intérieur, jusqu’à provoquer sa destruction.

Découverts dans la première partie du 20 ème siècle, ils ont été pendant un temps utilisés pour lutter contre les infections bactériennes, essentiellement dans les pays de l’est, mais ont été abandonnés au profit des antibiotiques, mieux connus et au spectre d’activité plus large. “Les bactériophages sont les ennemis naturels des virus” explique le Dr Qimron, qui poursuit: “suivant le principe selon lequel les ennemis de nos ennemis sont nos amis, les phages peuvent donc être utilisés par la médecine pour combattre les virus”.

Le Dr Qimron et son équipe se sont focalisés sur le bactériophage T7, phage virulent connu de la médecine, qui se cible sur le microbe E. coli, présent dans la flore intestinale, produisant 100 virions par cellule hôte en moins de 25 minutes. Observant le fonctionnement de chacun des 56 gènes contenus dans ce phage, ils ont découverts que l’une des protéines produite par l’un d’entre eux, le gène 0.4, empêche la division cellulaire à l’intérieur du microbe E. coli, provoquant sa mort rapide. Les chercheurs sont actuellement en train de faire enregistrer un brevet international pour cette protéine issue du Gène 0.4. Selon le Dr Qimron, “Cette protéine a le potentiel de l’antibiotique idéal”. Elle permet de détruire le microbe sans endommager les cellules humaines utiles. Les phages, dix fois plus nombreux dans la nature que les bactéries, coévoluent de manière presque synchrone avec elles, présentant un vaste potentiel thérapeutique contre les infections bactériennes résistantes aux antibiotiques.

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