Cancer : le chercheur israélien qui va sauver des millions de vies

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Le chercheur israélien d’origine arabe, Hossam Haick est une figure du monde scientifique et académique qui supervise des dizaines de scientifiques du monde entier à partir de son bureau du Technion. Récemment promu co-directeur du LIA, un centre de recherche créé par l’Inserm et le Technion, il enseigne au département de Génie chimique ainsi qu’à l’institut de nanotechnologie Russell Berrie du Technion depuis 2006. A partir de mai 2014, il délivrera gratuitement un cours en ligne sur les nanotechnologies et les nanocapteurs, en anglais mais aussi en arabe ; des milliers d’étudiants des pays arabes se sont d’ores et déjà inscrits.

Hossam Haick est né en 1975 à Nazareth, en Galilée. Après le lycée, il devient serveur puis ouvrier dans une usine, mais à 20 ans, encouragé par ses parents, il reprend ses études afin d’obtenir une licence en génie chimique à l’Université Ben Gourion du Néguev. En 1998, Hossam Haick entre au Technion pour préparer un doctorat, toujours en génie chimique. Il s’inscrit ensuite à un post-doc de deux ans à l’Institut Weizmann lors duquel ses recherches se focalisent sur l’électronique moléculaire, un domaine futuriste qui s’attache à comprendre comment les molécules peuvent servir de transistors dans les appareils électroniques et les ordinateurs. 

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Par la suite, Hossam Haick complète son parcours par un autre post-doc dans les nanotechnologies et la science des matériaux. Puis, c’est à l’Institut Technologique de Californie qu’il commence à acquérir une expérience dans le développement de capteurs et nanodispositifs chimiques, tandis que les offres de recrutement affluent des universités du monde entier. Il choisira finalement celle du Technion : “Les conditions que l’on m’a proposées étaient excellentes”, explique-t-il avant d’ajouter souhaiter “remédier au phénomène de fuite des cerveaux”. Car s’il a également reçu de bonnes offres d’universités prestigieuses comme Berkeley, Hossam Haick dit souffrir de “voir partir des scientifiques israéliens à l’étranger et ne jamais revenir. Personnellement, je souhaite rester en Israël dans l’objectif de contribuer à l’amélioration de la société”.

S’il a tant fait parler de lui ces derniers temps, c’est parce qu’il est à l’origine d’une invention qui lui a valu de nombreuses récompenses honorifiques. Et pour cause : elle révolutionne la pratique du dépistage du cancer. Il s’agit d’un Na-Nose, comme l’a nommé son géniteur, un nez électronique qui permet de distinguer une personne malade d’une personne saine grâce à la seule analyse de son haleine.

Hossam Haick explique avoir eu cette idée après avoir lu que les chiens étaient capables de renifler certains types de cancers. Cette technologie est particulièrement efficace pour diagnostiquer un grand nombre de maladies (scléroses, maladie de Parkinson, cancer…) avec une fiabilité de l’ordre de 95%. Potentiellement rentable, elle devrait faire partie intégrante du dépistage du cancer dans un avenir proche, se concentrant dans un premier temps sur le cancer de poumon. L’invention du professeur est ainsi susceptible de bouleverser la vie de 1.6 millions de personnes atteintes d’un cancer du poumon chaque année dans le monde.

Ce jeune talent s’était déjà fait repérer dans le passé. En 2007, Yedioth Aharonot le présentait comme l’un des 50 leaders israéliens du moment. Un an plus tard, c’est le magazine du MIT qui le faisait figurer parmi les 35 meilleurs scientifiques de l’année. Calcalist en a fait l’un des 10 jeunes scientifiques israéliens les plus prometteurs, tout comme The Jerusalem Post en 2010. La même année, il recevait la médaille de Chevalier de l’Ordre des Palmes Académiques dans les locaux de l’Institut français de Tel Aviv.

D’autres prédisent qu’il nous surprendra encore cette année, comme The Jewish Voice, qui vient de citer son invention parmi les 10 progrès médicaux israéliens à surveiller de près en 2014. 

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