Le chercheur israélien qui veut révolutionner les Sciences par l’Art

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Dans “Comment je vois le monde”, Albert Einstein écrivait :”rare est le nombre de ceux qui regardent avec leurs propres yeux et qui éprouvent avec leur propre sensibilité.”

Le scientifique israélien Uri Alon partage cette philosophie. Professeur de biologie des systèmes à l’Institut Weizmann, à l’origine de recherches extrêmement innovantes dans son domaine et dans celui de l’analyse des réseaux, son nom est largement connu du milieu scientifique et médical mais aussi du grand public du fait de la façon totalement inédite dont il aborde, étudie et parle de la Science.

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A titre d’exemple, ce scientifique original participait l’année dernière à l’une des fameuses conférences TED pour expliquer en quoi l’improvisation théâtrale pouvait être utile aux sciences.

Mardi dernier, siliconwadi.fr a eu l’occasion de l’écouter parler de sujets comme la motivation, la créativité dans les sciences et de sa philosophie de vie lors d’une conférence très divertissante à l’Institut Curie à Paris.

Une guitare sous le bras et un tableau blanc à la main, il est venu s’installer sur scène. La présence de l’instrument intriguant visiblement l’ensemble de la salle, il a expliqué qu’elle l’aidait à “faire passer des messages émotionnels”. Et d’entrée de jeu, le professeur s’est mis à fredonner une chanson dont il est l’auteur, demandant au public de l’accompagner pour le refrain. Les rires, d’abord timides, ont finalement fusé dans tout l’amphithéâtre.

En se fondant sur sa propre expérience, Uri Alon a dépeint une situation familière à tous les chercheurs ; celle de se faire doubler avant d’avoir eu le temps de publier un article scientifique. La chanson a ainsi servi d’introduction à son propos : les sciences sont certes rationnelles, mais elles ne peuvent se priver de subjectivité ni de créativité.

Et quelle meilleure preuve de subjectivité pour un scientifique que le choix-même d’un objet d’étude ? Si l’étude en elle-même est objective et millimétrée, la décision initiale de se pencher sur un sujet plutôt qu’un autre est éminemment subjective; elle n’appartient qu’au chercheur, et les machines les plus élaborées ne sont pas en mesure de lui dire quel sujet choisir. 

Alon a ensuite posé une question à son audience : “quels sont les autres éléments importants qui entrent en jeu pour réussir en sciences ?”. La créativité, la curiosité, l’excitation, la réflexion ou encore l’insécurité ont été suggérées par les scientifiques présents dans la salle, avant d’être validées par Uri. “La science a une culture, et il n’y a pas qu’une seule façon d’avancer dans ses recherches scientifiques”, a-t-il expliqué.

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Après avoir repris sa guitare et fait rire une seconde fois la salle entière, cette fois-ci au sujet de ses débuts compliqués dans son premier laboratoire, il s’est penché sur la peur que pouvait provoquer le néant en sciences : “vous pensez qu’il vous faut aller nécessairement d’un point A à un point B, alors que si vous laissiez votre esprit et votre créativité vous guider, vous vous retrouveriez à un point C qui serait certainement encore plus intéressant que le point B que vous convoitiez tant.”

Le moment de confusion qui habite le chercheur alors qu’il se trouve à la frontière de ce qu’il connait et de ce qu’il ignore encore ne devrait pas l’effrayer. Il s’agit, pour Uri, de l’instant le plus fondamental en sciences, et il est entièrement positif : à ce stade-là, le scientifique s’apprête à découvrir quelque chose de nouveau. Alors pourquoi tant d’appréhension ? Alon Uri explique que pour sortir de cette négativité, il est primordial de “faire entrer d’autres émotions dans sa vie”. A nouveau, les propositions du public ont été nombreuses : “il faut parler à d’autres personnes, s’aérer l’esprit” ; “il faut faire une activité totalement différente… Quelque chose d’artistique !”. L’idée était lancée. Dans un moment de confusion totale, l’art permet une toute autre approche du problème. Pour le résoudre, il faut faire appel à sa créativité. 

 

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