Surdité : une recherche israélienne suscite un grand espoir

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Une équipe de recherche dirigée par le Professeur Karen Avraham du Département de Biochimie et Génétique moléculaire de l’Université de Tel-Aviv, en collaboration avec le Dr. Yehoash Raphael du Département d’Oto-rhino-laryngologie de l’Institut pour la recherche sur l’audition du Michigan, a découvert que l’on peut prévenir la destruction des cellules nerveuses de l’oreille interne chez les personnes souffrant d’une perte progressive de l’audition par la thérapie génique. L’étude pourrait permettre d’améliorer l’efficacité des implants cochléaires utilisés chez les personnes atteintes de surdité profonde ou sévère.

Une des causes la plus fréquentes de la surdité est la mutation du gène de la protéine connexine 26. La modification de ce gène conduit à la détérioration des cellules nerveuses de l’oreille interne chargées de transmettre les signaux sonores au cerveau. Les chercheurs de l’équipe du Prof. Avraham ont découvert que l’injection en laboratoire d’une autre protéine facteur de croissance, connue sous le nom de BDNF (facteur neurotrophique issu du cerveau, en anglais Brain-Derived Neurotrophic Factor), impliquée dans la survie des neurones du système nerveux pourrait être utilisée pour bloquer la dégénérescence des neurones de l’oreille interne.

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Pour réaliser leur étude, les chercheurs ont fabriqué un virus capable d’être toléré par le corps sans produire de maladie, puis ils ont inséré dedans la protéine facteur de croissance. Ils ont ensuite injecté chirurgicalement ce virus dans les oreilles de souris sourdes. Le BDNF contenu dans le virus s’est avéré capable de “sauver” les cellules nerveuses de l’oreille interne des souris en empêchant leur dégénérescence.

Selon le Prof. Avraham, “un grand nombre de personnes souffrent de perte de l’audition, et y font face de manière extrêmement variable”. “Cela dit, il existe aujourd’hui un intérêt quasi-unanime pour la recherche des causes génétique de la dégradation de l’audition. Le travail que nous avons effectué nous a permis de proposer une thérapie génique pour renverser le processus de détérioration des cellules nerveuses dans les oreilles de souris sourdes”. Cette approche pourrait avoir d’importantes implications pour l’amélioration de la perception auditive par implant cochléaire, implants électroniques utilisés chez de nombreuses personnes souffrant d’un dysfonctionnement de l’audition suite à une mutation de la connexin 26.

Selon le Prof. Avraham: “Les cellules nerveuses de l’oreille interne facilitent le fonctionnement optimal des implants cochléaires. Notre étude suggère la possibilité d’une nouvelle stratégie pour améliorer l’action de l’implant, en particulier chez les personnes dont la perte auditive s’aggrave avec le temps. L’emploi de la thérapie génique pourrait aider à protéger les cellules nerveuses vitales, améliorant par là la performance de l’implant”.

De nombreuses questions restent posées: les gènes des souris et ceux des humains ne sont similaires qu’à 80 pour cent. D’autre par, à la différence des souris, les humains commencent à entendre dans l’utérus. “Doit-on commencer le processus de correction chez l’embryon, ou plus tard dans la vie?” demande le Prof. Avraham. “Dans la pratique nous en sommes encore loin. Mais nous avons rempli l’objectif que nous nous étions fixé : prouver que l’on peut aider à préserver les cellules nerveuses de l’oreille interne par la thérapie génique” continue-t-elle. “Ceci est déjà prometteur”. L’équipe travaille actuellement à la recherche de nouveaux “véhicules” pour le gène corrigé, par exemple d’autres virus mieux adaptés au transport du gène injecté dans l’endroit approprié de l’oreille interne.

L’étude a été subventionnée par l’Institut national américain pour la surdité (NIDCD), et le Centre israélien d’excellence (I-CORE) pour la régulation des gènes des maladies humaines complexes.

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