Le cancer du poumon peut être détecté par son odeur

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Siliconwadi.fr a consacré plusieurs articles au Professeur Hossam Haick, inventeur du “nano-nez artificiel”, procédé révolutionnaire pour détecter le cancer du poumon à ses débuts, et capable de mesurer le taux de marqueurs chimiques contenu dans l’air expiré, avec une exactitude de 90%. Ce nouvel article du Docteur Cohen-Wiesenfeld apporte un éclairage différent sur la révolution constituée par cette technologie.

Une étude menée conjointement par les Prof. Nir Peled de la Faculté de Médecine de l’Université de Tel-Aviv, Hossam Haick du Technion et Fred Hirsch de l’Ecole de Médecine de l’Université de Denver-Colorado, a permis de détecter avec précision le plus mortel des cancers, grâce à un capteur d’haleine, le NaNose, qui “renifle” littéralement les tumeurs dans l’air exhalé par les poumons.

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L’étude, qui vient d’être présentée à la conférence sur l’Oncologie clinique de Chicago, a été conduite sur 358 patients, diagnostiqués comme atteints du cancer pulmonaire ou présentant des risques élevés, qui ont été suivis dans le cadre des universités de Denver, de Tel-Aviv et de Liverpool ainsi qu’au Centre de radiologie de Jacksonville en Floride.  Le cancer des poumons est l’une des maladies à la plus forte mortalité, car il se développe sans laisser de traces, rendant la détection précoce extrêmement difficile, et produisant des métastases de manière incontrôlable jusqu’à un point de non retour. “Le cancer du poumon est une maladie dévastatrice, responsable de la mort de 2000 personnes par an en Israël – soit un tiers de la mortalité totale causée par la maladie du cancer en général” explique le Prof. Peled. “Son diagnostic exige l’emploi de techniques invasives comme les bronchoscopies, les biopsies assistées par ordinateur, ou la chirurgie. Notre capteur d’haleine permet de diagnostiquer le cancer pulmonaire en utilisant des technologies de pointe non-invasives. Il a pu le détecter avec une précision de 90 pour cent, même lorsque le nodule cancéreux était minuscule”.

Les tumeurs du poumon produisent des substances chimiques appelées composés organiques volatiles (VOC) qui s’évaporent facilement dans l’air et présentent un profil olfactif caractéristique. Le NaNose mis au point par le Prof Haick est une nanopuce extrêmement sensible, qui détecte “la signature” particulière des VOC dans l’air expiré. “Plus la tumeur est grosse, plus la signature olfactive est forte. De plus, non seulement les cellules cancéreuses possèdent une odeur ou “signature” différente et spécifique, mais, contre toute attente, il a même été possible de spécifier les divers sous-types de la maladie et son stade d’avancement” dit le Prof. Peled.

Dans quatre cas sur cinq, le NanoNose a pu distinguer entre les lésions pulmonaires bénignes et malignes et entre les différents sous-types de cancer. Combiné avec l’analyse ultérieure, il a permis de différencier avec précision les personnes bien portantes de celles atteintes de la maladie, dans 85 pour cent des cas de cancers précoces, et dans 82 pour cent des cas de cancers avancés. Le test a également permis de distinguer avec précision les cancers précoces des cancers avancés dans 79 pour cent des cas.

“Notre idée est d’obtenir une indication à partir de laquelle on pourra déterminer si les patients ont besoin d’un dépistage plus avancé, et décider d’aller ou non plus avant dans le processus”. “Cette approche de détection par des mesures non-invasives peut contribuer de manière significative aux efforts pour la lutte contre cette terrible maladie, sa détection précoce et la réduction de la mortalité qu’elle cause. Nous avons encore beaucoup à faire, mais nous avançons et espérons que ces outils seront disponibles sur le plan clinique dans les prochaine années”.

La société Alpha Szenszor située à Boston a obtenu une licence d’utilisation de cette technologie et espère l’introduire sur le marché dans les années proches. Entre-temps, une nouvelle version du produit a été développée, plus compacte et qui peut se brancher sur le port USB d’un ordinateur.

L’étude a été financée par le projet LCAOS de l’Union européenne pour la détection précoce du cancer du poumon et l’Association Internationale pour l’Étude du Cancer du poumon (IASLC).
Ont également participé aux recherches le Prof. Paul Bunn (Université du Colorado), le Prof. Douglas Johnson, le Dr. Stuart Milestone, et le Dr. John Wells (Jacksonville); le Prof. John Field (Université de Liverpool) ainsi que le Dr. Maya Ilouze et Tali Feinberg (Université de Tel-Aviv).

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