Recherche : un virus maternel à l’origine du diabète des enfants

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Selon une étude réalisée par le Prof. Zvi Laron, du Département d’endocrinologie pédiatrique de la Faculté de médecine de l’Université de Tel-Aviv, le diabète juvénile, de même que d’autres maladies auto-immunes chez l’enfant, est probablement déclenché avant la naissance par la transmission de virus saisonniers de la mère au fœtus. Selon la recherche, menée en collaboration avec une équipe de chercheurs de l’Université de Washington et de l’Université de Lund en Suède, les femmes qui contractent des infections virales saisonnières pendant leur grossesse peuvent transmette des virus aux fœtus génétiquement sensibles, capables de provoquer le développement de la maladie. D’après les chercheurs, un vaccin administré aux femmes enceintes pourrait donc endiguer les risques de ce type de diabète. L’étude a été publiée dans la revue Diabetic Medicine Journal.

Le diabète de type 1, ou diabète juvénile, survient lorsque le système immunitaire prend par erreur les îlots de cellules pancréatiques chargées de produire de l’insuline pour des «ennemis» et produit des anticorps pour les détruire. Cette maladie auto-immune dangereuse qui se déclare jusqu’à l’âge de 18 ans, est en augmentation rapide dans le monde entier. Le Prof. Laron – internationalement connu pour la découverte du syndrome de Laron, encore appelé nanisme de Laron, maladie congénitale caractérisée par une insensibilité à l’hormone de croissance – a, pour réaliser cette étude, effectué des tests sanguins sur 107 femmes enceintes en bonne santé, à la recherche, entre autre, de ces anticorps attaquant le pancréas, qui apparaissent des années avant les symptômes initiaux de la maladie.

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« Nous avons constaté que les infections virales de la mère pendant la grossesse produisent des dommages sur son pancréas et / ou celui du fœtus, mis en évidence par la présence d’anticorps affectant les cellules qui produisent l’insuline » explique le Dr. Laron, qui est également directeur de l’Unité d’endocrinologie et de recherche sur le diabète au centre médical Schneider pour enfants, et chef du Centre de l’OMS pour l’étude du diabète chez les jeunes.

La présence simultanée d’anticorps dans le sang du cordon et de celui des mères, une concentration d’anticorps dans le sang du cordon supérieure à celle de la mère, ou bien des échantillons de sang provenant du cordon positifs en anticorps avec des échantillons d’anticorps maternels négatif, impliquent une réaction immunitaire du fœtus dans l’utérus au cours de la gestation.

En outre, les chercheurs ont constaté que les saisons pouvaient également représenter un facteur de risque. Pendant les épidémies virales des mois d’hiver, dix pour cent des femmes enceintes en bonne santé sans aucun antécédents familiaux de maladies auto-immunes ont réagit positivement aux tests prouvant la présence d’anticorps néfastes.

«Nous savions que le diabète de type 1 est associé à d’autres maladies auto-immunes comme la thyroïdite de Hashimoto, la maladie cœliaque, et la sclérose en plaques ; nous avons donc étudié la saisonnalité des mois de naissance correspondant à ces maladies respectives en Israël et dans d’autres pays » explique le professeur Laron. « Nous avons constaté que la saisonnalité des naissances des enfants ayant développé ces maladies était très différente de la moyenne, suggérant un lien avec les épidémies hivernales ». Autrement dit, les enfants nés en automne ou en hiver ont plus de risque de voir se développer la maladie en raison de l’exposition de la mère aux virus saisonniers.

« Si notre hypothèse se vérifie » conclue le Prof. Laron, « un vaccin préventif avant la conception pourrait stopper le développement du diabète de type 1 et d’autres maladies auto-immunes. Il s’agit d’une maladie chronique à vie pour laquelle on ne connait pas de remède; une véritable intervention serait donc importante non seulement médicalement mais aussi psychologiquement et financièrement, étant donné ses coûts de traitement comme ceux des autres maladies auto-immunes ».

Le Prof. Laron et ses collaborateurs internationaux sont actuellement en train de collecter des fonds pour développer leur recherche afin de l’élargir à près de 1000 femmes et leurs nouveau-nés.

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