Recherche sur le Cancer : l’Université de Tel-Aviv à la pointe

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Le professeur Yossef Shiloh, généticien de renom de la Faculté de médecine de l’université de Tel-Aviv est le lauréat du nouveau prix scientifique international Olav Thon, qui sera attribué pour la première fois à Oslo le 5 mars. Le prix, d’un montant de 2 500 000 couronnes norvégiennes (un peu plus de 280 000 euros) lui sera décerné pour ses travaux novateurs sur les mécanismes de protection de l’ADN. La corécipiendaire du Prix est la grande scientifique américaine, le Prof. Judith Campisi de l’Institut Buck pour la recherche sur le vieillissement à l’Université de Berkeley en Californie.

Le Prof. Shiloh est titulaire de la chaire de recherche sur la génétique du cancer du Département de génétique humaine moléculaire et de biochimie de la Faculté de médecine de l’Université de Tel-Aviv. Il est membre de l’Académie israélienne des sciences, lauréat du Prix Clowes de l’Association américaine pour la recherche contre le cancer et du Prix Israël en sciences de la vie pour l’année 2011.

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Shilo et Campisi ont reçu le prix pour leurs travaux pionniers sur les mécanismes de protection des particules d’ADN, qui jettent une lumière nouvelle sur les processus moléculaires de maladies variées, y compris diverses affections chroniques, ainsi que la prédisposition au cancer et au vieillissement accéléré.

“Depuis mes années de doctorat, j’ai consacré l’ensemble de mon travail scientifique à l’étude d’une maladie appelée Ataxie télangiectasie (AT)” explique le Prof. Shiloh. “Il s’agit d’une maladie héréditaire rare et grave, qui sévit parmi toutes les populations du monde, mais en particulier en Israël, affectant les système nerveux et immunitaire. Elle est causée par un défaut héréditaire de l’un des mécanismes qui garantissent la stabilité du génome, activé en réponse aux lésions de l’ADN et permettant sa réparation rapide, grâce en particulier à une protéine, fabriquée précisément par le gène affecté chez les patients atteints de la maladie, que nous avons identifiée dans notre laboratoire de l’UTA en 1995”.

“Cette découverte a beaucoup fait avancer notre compréhension du mécanisme qui assure la stabilité du génome et empêche la mort prématurée des cellules du corps, ou la formation du cancer. Un disfonctionnement important de ce mécanisme cause des affections graves, comme l’AT, mais des dégâts plus légers peuvent également conduire à des maladies neurodégénératives, à diverses maladies chroniques et bien sûr au cancer”.

“Les gens vieillissent chacun à leur rythme”, explique le professeur Shiloh. “Nous connaissons tous des personnes qui ont l’air fraîches et en parfaite santé à un âge avancé, alors que d’autres vieillissent prématurément. L’une des raisons de ce phénomène sur le plan génétique réside dans le fait que les gens diffèrent dans leur capacité à maintenir la stabilité de leur génome. Celle-ci est assurée par de nombreuses protéines, chacune dicté par un gène, ce qui signifie que les informations nécessaires pour assurer l’intégrité du génome se trouvent, en fait, dans le génome lui-même. Il est clair que les lésions du gène chargé d’assurer la stabilité de l’ADN diminuent la capacité d’une personne à préserver son génome. Elle sera alors particulièrement sensible à l’influence néfaste des facteurs environnementaux tels que la pollution de l’air, les substances cancérigènes et les radiations”.

“Mais il s’avère que notre corps lui-même, au cours de son activité métabolique normale, crée des ‘produits intermédiaires’ qui endommagent l’ADN. Ainsi, même si une personne vit dans un environnement non pollué et mange sainement, son métabolisme créé en permanence des radicaux qui menacent ses cellules. D’où l’importance des mécanismes qui assurent la stabilité du génome et nous protègent, tout d’abord, de ‘l’ennemi de l’intérieur’. On sait à présent que les lésions des facteurs de stabilité du génome ne causent pas seulement des maladies génétiques rares, mais provoquent une morbidité générale, ce qui rend la question pertinente pour tous”.

Le prix scientifique international Olav Thon, d’une valeur totale de 5 000 0000 couronnes norvégiennes, a été fondé par le milliardaire Olav Thon, un magnat de l’immobilier norvégien et l’homme le plus riche de son pays qui, n’ayant pas d’héritiers, a décidé de faire don de toute sa fortune à des fins philanthropiques, entre autres la promotion de l’éducation et de la science.

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