Les start-ups israéliennes et l’avenir tech de la région Ile-de-France

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La Paris Region Enterprises organise régulièrement des TechMeeting (conventions d’affaires dans le domaine de la technologie) qui réunissent les plus grandes entreprises françaises d’un secteur choisi et des start-ups internationales autour d’un thème particulier. Ces conventions professionnelles et informelles sont l’occasion pour les entreprises de contribuer au rayonnement de la région Ile-de-France en investissant dans des projets novateurs qui se distinguent à travers leur potentiel économique et leurs démarches sociales et écologiques.

Mardi 3 mars, la Paris Region Enterprises organisait à Paris une rencontre autour du thème « Smart Transportation » en partenariat avec les pôles de compétitivité Advancity, Ecomotion, Mov’eo, et Systematic. A cette occasion, des start-ups israéliennes et nord-américaines ont été invitées pour présenter leurs projets et trouver des fabricants, opérateurs, ou investisseurs parmi les plus grands acteurs franciliens du secteur des transports.

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Etaient présents Aéroport de Paris, GDF Suez, IBM, Orange, SNCF, Systra, ou encore Vinci Park avec qui les start-ups ont pu s’entretenir au cours du déjeuner de networking qui a directement suivi les pitches respectifs des entreprises et des start-ups, puis d’une après-midi de réunions individuelles.

siliconwadi.com a rencontré Daniel Bessis, directeur du bureau israélien de la Paris Region Enterprises.

Entretien

Pouvez-vous présenter la Paris Region Enterprises (PRE) et expliquer sa mission ?

Paris Region Enterprises est née de la fusion de Paris Region Innovation Center et Paris Region Economic Development Agency.

C’est une structure qui dépend du Conseil Régional d’Ile-de-France et dont le rôle est d’accompagner les entreprises françaises et internationales porteuses de valeurs économiques, sociales et environnementales et qui s’intéressent à notre région.

La Paris Region Enterprises est présente à San Francisco, Boston, Shanghai, et en Israël où je suis le responsable du bureau.

Pourquoi est-il important que la PRE soit présente en Israël?

La région Ile-de-France est la première région d’Europe. D’ailleurs le PNB de la région Ile-de-France équivaut à celui de la Hollande et est supérieur à celui de la Grèce. Comme l’innovation est primordiale, nous avons trouvé pertinent d’avoir une présence en Israël qui est un « hub d’innovation internationale ».

Comment l’Ile-de-France se distingue-t-elle des autres régions au point de vue du développement économique et social ?

En Ile-de-France nous avons un pôle de compétitivité dédié à la ville durable, laquelle est nécessairement intelligente. Il y a des grands groupes français dont c’est le métier, notamment GDF Suez et Vinci qui sont des champions internationaux dans le domaine de l’urbanisme.

Ce territoire a aussi un fort potentiel de créativité et un savoir-faire académique d’excellence entretenu par les Grandes Ecoles françaises. Par exemple, il n’existe aucun équivalent de l’Ecole nationale des Ponts et Chaussées où sont formés les meilleurs ingénieurs du monde, lesquels sont très recherchés dans le monde, notamment dans la Silicon Valley où chaque multinationale emploie un ingénieur formé en France.

Nos Grandes Ecoles offrent une véritable expertise autour de la ville et de la mobilité. Nous faisons l’expérience de cette tradition d’excellence au quotidien : nous avons de belles routes, de belles villes, avec des chefs-d’œuvre comme Haussmann, entre autres.

Pour toutes ces raisons, l’Ile-de-France est une région qui dispose d’un fort potentiel créatif et que nous nous appliquons à rendre toujours plus intelligente.

Comment procédez-vous pour chasser les start-ups israéliennes ?

J’identifie d’abord les start-ups qui sortent du lot et que je juge prêtes à participer au meeting. Même s’il n’existe aucune contrainte, nous essayons d’harmoniser la sélection en prévenant les participants susceptibles d’entrer en compétition quand leurs projets se ressemblent. Pour cette fois par exemple, nous avons prévenu MUVe lorsque nous les avons invités car il y avait un compétiteur potentiel, la start-up israélienne GreenRide à l’origine du scooter électrique INU.

En ce qui me concerne, je travaille dans un espace ouvert où je suis entouré d’entreprises, et par conséquent je suis exposé au passage de nombreux entrepreneurs avec qui je peux discuter. Mais la plupart du temps, je pars rencontrer les start-ups sur le terrain.

Comment la région Ile-de-France est-elle perçue en Israël ?

C’est mon travail de montrer que Paris est autre chose qu’une ville romantique et touristique où l’on boit du bon vin en profitant des paysages urbains et d’une nature hors-normes.  La France est rarement associée au business car elle a une image de pays lent dont on ne comprend pas les codes d’affaire.

A titre d’exemple, à l’étranger, il est rare de connaitre le système d’éducation français et en particulier les Grandes Ecoles. Quant aux entreprises, les Israéliens ne comprennent pas plus pourquoi les responsables français sont de moins en moins accessibles à mesure qu’ils sont de plus en plus décisionnaires, ni pourquoi tout le monde est toujours débordé. En France, le long terme équivaut à trois ans, tandis que pour un Israélien, cela équivaut à trois semaines.

Est-il difficile de connecter ces deux démarches ?

Les Israéliens étant beaucoup plus accessibles et détendus que les Français, ils cherchent à s’adresser à des pairs qui partagent ces mêmes dispositions. C’est pour ça que cet événement est une réussite : nous avons choisi des décisionnaires français qui sont accessibles et qui se prêtent à une démarche moins formelle.

En outre, les jeunes générations parlent plus facilement anglais qu’autrefois car ils ont des profils internationaux : ils ont vécu des expériences partout dans le monde. Avec les uns comme les autres, nous essayons d’avoir une approche différente de celle des institutionnels : une approche humble, simple, directe, dans un effort de compréhension des attentes de nos interlocuteurs afin de mieux y répondre.

C’est notre rôle de faire évoluer les mentalités et de réunir toutes les conditions pour créer de nouvelles alliances, c’est pourquoi nous organisons régulièrement des événements comme celui-ci. Malgré les décalages entre les deux démarches, nous arrivons à faire se réunir les deux pays.

Parmi les entrepreneurs israéliens que nous avons reçus et dont les projets sont aujourd’hui des produits que l’on utilise au quotidien, Adi Goren, co-fondateur et PDG de i4drive, qui a développé une application liée à la sécurité routière.

Mais au-delà des entreprises, nous cherchons à rapprocher des écosystèmes.

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