Cancer : découverte de 2 protéines capables de bloquer la propagation

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Une équipe du Technion dirigée par la chercheure-associée Dr Yelena Kravtsova-Ivantsiv et assistée par des étudiants-chercheurs en cancérologie et des médecins des centres hospitaliers Rambam (Haïfa), Carmel (Haïfa) et Hadassah (Jérusalem), a découvert deux protéines capables d’empêcher la croissance des cellules cancéreuses.

La recherche s’est déroulée sous les auspices du Professeur Aaron Ciechanover, célèbre pour sa découverte du système ubiquitine-protéasome, soit le processus de marquage (par l’ubiquitine), d’identification des protéines marquées (par le protéasome), et de dégradation des protéines par protéolyse (destruction de protéines par réaction chimique), qui lui a valu le prix Nobel de Chimie en 2004 aux côtés de ses associés Irwin Rose et Avram Hershko.

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ubiquitine-proteasome system

Publiés dans la revue scientifique américaine Cell, les derniers travaux s’appuient sur la découverte capitale du lauréat du prix Nobel et témoignent de l’action répressive des protéines identifiées sur les cellules cancéreuses. Le développement de ces cellules serait paralysé sous l’action des deux protéines KPC1 et p50 à condition d’être présentes en forte concentration dans le tissu.

La protéine KPC1 est responsable de la dégradation ou de l’élimination partielle des protéines. Lorsqu’elle identifie la protéine p105 marquée par l’ubiquitine, elle s’accroche à cette dernière et la raccourcit, si bien que p105 devient p50. Si p105 est identifiée par une autre protéine que KPC1, elle est simplement dégradée. KPC1 est donc nécessaire à la production de p50, laquelle défend les tissus sains contre les cellules cancéreuses et empêche le développement de la tumeur quand elle est présente en forte concentration dans le tissu.

Les expériences ont été réalisées sur des échantillons de tumeurs humaines du cerveau injectés à trois groupes de souris. Au premier groupe fut administré une dose importante de KPC1, au deuxième, une forte concentration de p50, et rien au troisième. Les trois groupes de souris ont respectivement développé de minuscules, petites, et grosses tumeurs. C’est donc l’action conjointe des protéines KPC1 (qui génère p50) et p50 et leur forte concentration qui aboutissent à la destruction des tumeurs cancéreuses.

Le Professeur Aaron Ciechanover reste toutefois prudent: une telle découverte exige encore plusieurs années de recherche pour être tout à fait acquise et validée. Il n’existe aucune certitude quant au développement d’un futur traitement médicamenteux car le parcours est long et sinueux, quoique réalisable.

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