New York investit dans les start-ups israéliennes

Iconyc labs
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L’Israélien Eyal Bino, entrepreneur, installé à New York, qui se consacre au rayonnement des start-ups étrangères, et son associé Arie Abecassis ont créé ICONYC Labs, le premier accélérateur new-yorkais entièrement dédié aux start-ups israéliennes.

En 2013, une contributrice de Forbes plaidait en faveur des entrepreneurs étrangers qui souhaitaient créer leurs start-ups dans la grosse pomme dans un article qui préfigurerait les conjonctures présentes. A l’époque, New York venait d’accueillir un panel organisé par Worldwide Investor Network (WIN), un réseau local d’aide aux start-ups étrangères fondé par l’entrepreneur Eyal Bino, sur le thème de la contraction de l’investissement (« series A crunch ») dont souffrent régulièrement les start-ups, et à plus forte raison les start-ups étrangères, après la première série de levées de fonds.

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L’écosystème entrepreneurial new yorkais, le deuxième du type aux Etats-Unis après la légendaire Silicon Valley, souffre de deux maux, précisait la contributrice chez Forbes. Faute de structures adéquates et donc de visibilité, les start-ups étrangères manquent de séduire les investisseurs en capital-risque de la grosse pomme malgré leur potentiel d’innovation globale, et plus particulièrement dans le domaine de la technologie. Pourtant, là où la Silicon Valley favorise le développement des start-ups qui visent les millions de consommateurs, l’écosystème new yorkais est beaucoup plus conscient de, et réceptif aux, marchés potentiels grâce à sa proximité immédiate avec une population très cosmopolite et éclectique.

Selon Eyal Bino, il existe déjà 250 entreprises israéliennes à New York et des centaines d’autres souhaiteraient s’y établir. Avec 1 start-up pour 2000 habitants, Israël est le 2ème système entrepreneurial du monde derrière les Etats-Unis. Mais là où Israël compte 1 investisseur pour 100 start-ups, New York en compte beaucoup plus. Forte de cette nouvelle présence locale, les start-ups israéliennes ont désormais les moyens de s’imposer sur la scène globale. Ce nouveau laboratoire de talents est le fruit d’une vision à long terme qui va permettre une meilleure répartition des capitaux en plus d’intégrer l’expertise israélienne en matière de technologie de pointe à la scène entrepreneuriale new yorkaise en mal de talents étrangers.

Les deux cofondateurs aident au lancement des start-ups sélectionnées en leur fournissant un capital de départ de 20 000 dollars et en leur présentant conseillers stratégiques, mentors et investisseurs pour leur apprendre à pitcher leurs produits et à intégrer les normes de la culture dans laquelle ils s’établissent. En échange, ICONYC Labs devient actionnaire ordinaire et prend une participation de l’ordre de 6 à 10% dans les entreprises sélectionnées. Partenaire du projet, AlleyNYC, un “openspace” en plein cœur de New York, accueille les entrepreneurs dans une atmosphère de travail qui favorise l’échange et la collaboration.

L’équipe ICONYC Labs avec de g. à dr.: Eyal Bino, Arie Abecassis, Sharon Mirsky

Sur les quelques 200 candidatures reçues pour le lancement de ICONYC Labs, 5 ont été retenues, qui ont passé les multiples séries d’entretiens et de rencontres destinées à les familiariser avec leurs futurs business angels et les valeurs et objectifs du programme d’accélération. La priorité actuelle va aux start-ups israéliennes qui projettent de développer des big data, des données intelligentes, des dispositifs éducatifs, ou encore des technologies mobiles pour lesquels l’écosystème local enregistre une forte demande.

Myndlift, une application mobile développée par deux jeunes citoyens arabes israéliens pour aider les personnes souffrant du trouble du déficit de l’attention avec hyperactivité (TDAH) fait partie des 5 premières start-ups choisies pour bénéficier des services du nouvel accélérateur. Une alternative au traitement traditionnel du TDAH, Myndlift a séduit  les deux confondateurs pour sa proposition inédite et parce que la start-up se trouve au croisement de deux marchés en pleine expansion: les dispositifs médicaux et les applications mobiles couplées avec la technologie portative.

Aux côtés de Myndlift dans le pool de start-ups prêtes à mûrir sur la côte est, les cofondateurs ont élu Dandyloop, un marché d’entraide virtuel pour la promotion de produits entre magasins en ligne de même souche pour une augmentation du trafic sans besoin d’investir; Gaonic, une plateforme de données et de travail analytique qui s’appuie sur un SaaS (Software as a Service) et est destinée aux entreprises qui exploitent les technologies liées au IOT (Internet of Things, ou Internet des Objets); Clickspree qui se sert de techniques publicitaires modernes basées sur la personnalisation de vidéos pour booster l’engagement et la fidélité du consommateur vis-à-vis des marques et augmenter les bénéfices de l’investisseur; Flux, un produit agricole intelligent qui garantit la croissance alimentaire et végétale tout en économisant l’eau grâce à des technologies et au crowdsourcing (production participative).

La formule ICONYC Labs profite assurément aux deux partis : les entrepreneurs israéliens qui peinaient à s’intégrer dans l’écosystème new yorkais bénéficient désormais de toutes les aides d’expertise-conseil et financières nécessaires pour s’y établir et grandir, tandis que les talents et investisseurs new yorkais consacrés au développement du secteur technologique dans la grosse pomme peuvent identifier le potentiel des entreprises étrangères capables de faire de New York la Silicon Valley de demain.

La tendance est déjà en train de s’inverser. Preuve en est avec le témoignage de l’entrepreneur français Ilan Abehassera sur FrenchWeb. Ancien de la valley où il s’était établi en tant que business angel et membre actif au sein de 3 start-ups, le Français a récemment choisi de migrer à New York pour y lancer son deuxième projet. Pour lui, l’écosystème new yorkais est plus avantageux dans la mesure où il permet aux start-ups de tester immédiatement leurs produits auprès de plusieurs types de population plus ou moins versés dans la technologie et de conclure rapidement sur la viabilité de leurs projets.

Forte de grandes réussites comme celles de Criteo ou Free, la France, elle aussi, multiplie, les incitations à l’entrepreneuriat. La région Ile-de-France accueille déjà plusieurs initiatives visant à intégrer les entrepreneurs étrangers. Directeur du bureau israélien de la Paris Region Enterprises (PRE), Daniel Bessis s’occupe de chasser des start-ups israéliennes qui ont le potentiel de mûrir en France. Des événements organisés par la PRE permettent aux entrepreneurs des quatre coins du monde de se retrouver pour pitcher devant les plus grandes entreprises françaises et s’entretenir en tête-à-tête avec elles afin de convaincre ces partenaires et investisseurs potentiels.

A ce jour, il n’existe encore aucun accélérateur français exclusivement dédié à l’accompagnement des start-ups israéliennes. Si la taille du marché intérieur français est limitée, sa proximité avec les différents marchés européens en fait un terrain idéal pour tester des produits. Première région d’Europe, l’Ile-de-France consacre un budget important à l’innovation, un facteur déterminant pour sa croissance. Consciente du savoir-faire israélien et favorable à son développement en France, la région parisienne a tout pour devenir une terre d’accueil pour les entrepreneurs israéliens pour accueillir les structures en conséquence sur le modèle de ICONYC Labs.

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