Berlin, nouveau partenaire européen de la tech israélienne

Twin Tech Towns
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Twin Tech Towns est une initiative de Zoe Adamovicz, Marcin Rudolf, et Matthäus Krzykowski, cofondateurs de Xyo, un moteur de recherche d’applications mobiles opéré depuis Berlin. En 2014, Digital Turbine, une grande entreprise concurrente américaine cotée au Nasdaq fait l’acquisition de Xyo et appelle Zoe Adamovicz à rejoindre leurs bureaux israéliens de Herzliya dont elle prendra la responsabilité. L’occasion pour l’entrepreneur allemande de découvrir la Silicon Wadi.

Confrontée à la réalité israélienne de l’entrepreneuriat, Zoe Adamovicz s’est aperçue que là où Berlin et d’autres villes européennes disposent d’une rare affluence d’investisseurs en capital-risque, Tel Aviv regorge de jeunes entrepreneurs avec le goût du risque mais manque des fonds nécessaires pour soutenir tous les projets viables. Faute de capitaux, les start-ups israéliennes sont parfois obligées de s’adresser à de lointains investisseurs américains et de s’exporter dans un écosystème dont ils ne connaissent pas les codes et dont ils ont presque tout  à apprendre de la culture.

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Partant de ce déséquilibre entre l’offre et la demande dans chacune de leurs deux villes natale et adoptive, Zoe Adamovicz et ses deux partenaires ont eu l’idée d’un jumelage technologique entre Berlin et Tel Aviv.

Berlin est au design, aux négociants et aux spécialistes en UX (user experience, ou “expérience utilisateur”) ce que Tel Aviv est aux génies de la technologie et de la Recherche et Développement. L’une et l’autre se complètent car là où l’une peut manquer de ressources financières pour continuer de se développer, l’autre est à la recherche de talents et de projets novateurs, si bien que les deux ont vocation à s’entraider.

Twin Tech Towns (TTT) est née de la volonté d’engager un échange de ressources intellectuelles, financières, et commerciales entre Berlin et Tel Aviv, deux plaques tournantes de l’innovation technologique en Europe et au Moyen-Orient. TTT compte déjà 25 conseillers berlinois et tel aviviens, tous experts et pour la plupart fondateurs, PDG, ou directeurs technologiques. Parmi eux, on retrouve des experts de très haut niveau comme Inbal Arieli, dirigeante de l’accélérateur 8200 EISP, à l’origine de nombreuses start-ups israéliennes.

Le programme propose 3 axes d’attaques pour encourager l’intégration et la coopération des entrepreneurs dans l’un ou l’autre écosystème. D’abord, TTT entend créer un véritable réseau d’entrepreneurs issus des deux cultures afin de les faire dialoguer et d’encourager les partenariats. Grâce à ce réseau, TTT promet de mettre en relation entrepreneurs et conseillers ou actionnaires de la scène entrepreneuriale locale à l’occasion de déjeuners d’affaires informels. Enfin, la newsletter mensuelle permettra aux adhérents de se renseigner sur les événements importants, une démarche rendue possible par les sponsors Geek Time (Tel Aviv) et Gründerszene (Berlin), deux magazines digitaux spécialisés dans les start-ups et les nouvelles technologies.

Twin Tech Towns n’est pas sans rappeler l’ambition des programmes d’accélération dont la dynamique actuelle consiste à rapprocher deux cultures pour profiter aux deux écosystèmes. Inspiré du modèle new yorkais ICONYC Labs entièrement consacré au soutien des start-ups israéliennes, Twin Tech Towns pourrait déclencher en Allemagne ce que l’Ile-de-France avait déjà amorcé en France avec la Paris Region Enterprises : un élan d’innovation technologique. L’Europe n’en est pas à son premier transfert de savoir-faire, souhaitons-lui de ne pas en être au dernier.

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