Israël : Voyage en terre Tech

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Ce web documentaire de RFI par Thomas Bourdeau a été publié sur rfi.fr le 22 juillet 2015. Les spécificités des différents centres d’innovation, les relations technologiques franco-israéliennes et l’état d’esprit propice à la créativité sont abordés dans ce “Voyage en terre Tech”, agrémenté de  nombreuses photos, et présentant un large panorama de l’innovation israélienne.

Siliconwadi.fr vous propose un extrait de “Israël : Voyage en terre Tech”. Vous pouvez en consulter l’intégralité sur rfi.fr en cliquant ici.

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Israël : Voyage en terre Tech

5. Planter des idées dans le désert

On est parti en route vers le désert plus au sud. Un désert minéral, constitué de cailloux et de rochers, parfois ponctué de vert sur la route : des zones expérimentales de plantation dans le désert ! Notre guide Yossi Dan, nous a éclairés sur le sujet, en racontant en chemin comment il avait effectué son armée dans un kibboutz avec un chercheur sur le blé décidé à retrouver les propriétés nutritives de celui des ancêtres. Il fallait alors irriguer judicieusement. C’est un autre chercheur : Simcha Blass qui a été le penseur, dès les années 60, d’un système d’irrigation étonnant au kibboutz Hatzerim. Ces travaux se sont matérialisés en une société, Netafim : une société d’irrigation israélienne (depuis rachetée par les Américains) qui fait fleurir le désert ou ailleurs/entre autres.

La passion de Yossi pour les nouvelles technologies est demeurée intacte depuis lors. Durant le voyage, il (nous) mentionne aussi la société Green Onyx qui envisage de réaliser via une imprimante 3D du “caviar vert” un aliment thaïlandais le Khai Nam.
Il est trop tentant de filer la métaphore, car si les start-ups sont souvent comparées à des graines, on parle aussi d’écosystème, de cette infrastructure quasi organique pour favoriser les éclosions économiques. Ce “miracle” entrepreneurial là dépend de beaucoup de facteurs.

Une expression privilégiée en Israël, comme en Californie, est le Bottom-Up pour signifier que les idées, comme les décisions, partent du bas pour aller vers le haut (un peu à l’opposé des politiques d’Etat trop souvent dirigistes selon les entrepreneurs). On est encore dans la logique de l’éclosion et pour que la graine du bas devienne plante (entreprise), il faut la nourrir. Elle ne grandira que si elle bénéficie des bons investissements. C’est un véritable jeu de jardinage organique que les VC, business angels cultivent (rien d’angélique dans leurs investissements, les financiers demandent un bon retour sur investissement si possible). C’est ce point fort californien qui fait son succès et qui existe aussi en Israël. Puis on peut jouer à déplacer ces plantations de ville en ville. Jouer à la smart-city…

C’est la démarche de Beer Sheva, notre destination. Il s’agit de l’université de recherche Ben Gourion, spécialisée dans la cybersécurité.

 

L’occasion d’implanter dans une zone reculée, déserte rappelons-le, une activité de recherche et économique qui pourrait faire date. Dans ce cas, la décision infrastructurelle et politique est clairement du haut vers le bas, même si elle joue à terme sur l’idée de l’écosystème Bottom-up. L’université voit son démarrage favorisé par la présence d’une unité de renseignement de l’armée dans son voisinage, pas moins de 30 000 hommes ! Les transferts technologiques des universités israéliennes vers le monde de l’entreprise sont excellents, nous souligne-t-on.

“Bonjour !” s’exclame Elise Donat, le représentante francophone des lieux. Puis très rapidement, elle glisse son slogan : “Demain, c’est aujourd’hui à Beer Sheva !” À un long discours, on préférera plutôt constater que oui, ces jacarandas en fleurs et ces palmiers qui ornent le complexe architectural innovant du campus en plein désert sont bluffants !

Ici on s’enthousiasme pour telle société rachetée par PayPal ou l’implantation forte de Deutsche Telekom ou encore les projets gigantesques de la boîte américaine EMC. On vénère l’idée de créer un Cyber labs, car la cyber sécurité est fondamentale dans ce pays et prise en compte depuis 2001. C’est Yoav Tzruya qui nous fera un petit cours sur l’écosystème financier israélien à l’ombre d’un jacaranda. Il est partenaire de JVP Jerusalem Venture Partners, le fonds d’investissement leader en Israël basé à Jérusalem et localisé maintenant à Beer Sheva. Il détaille cette proximité de l’argent et des idées, une connivence qui fait des étincelles comme en Californie
Bientôt plus de batteries.

“Hey ! Tu as entendu parler de Stordot ?”
“Non, c’est quoi ?”
“C’est une start-up qui promet de charger son téléphone en 30 secondes !”
“Ha cool !”
“Ils ont fait une démo début avril ça ne marche qu’avec les Samsung pour l’instant.”
“Bon, bah je vais attendre encore un peu…”

On repart sur le chemin de ces tentacules technologiques qui sortent maintenant de Tel-Aviv, pour déborder du fameux Silicon Wadi et s’étendre dans tout le pays.
Même Jérusalem ?

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RFI  / Thomas Bourdeau

 

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