Recherche : mode de vie contre horloge saisonnière

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Selon une étude menée par 36 chercheurs de 24 universités, dont le Prof. Noga Kronfeld-Schor, chef du Département de zoologie de l’Université de Tel-Aviv, l’adaptation permanente de notre environnement à des conditions “d’été perpétuel” (éclairage artificiel, chauffage et climatisation) qui caractérise notre mode de vie, affecte notre santé et nuit à l’écosystème.

La recherche a été publiée le 14 octobre dernier, dans la prestigieuse revue londonienne “Proceedings of the Royal Society B”.

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“Le rythme de la vie sur terre est façonné par les changements saisonniers”, commente le Prof. Noga Kronfeld-Schor. “Les plantes et les animaux présentent des cycles annuels physiologiques, morphologiques, comportementaux et démographiques. L’enquête que nous avons menée montre que nous, humains, ne constituons pas une exception à cette règle, et que les populations humaines présentent d’importants cycles annuels sur le plan démographique, de la santé et du bien-être”.

Selon le Prof. Kronfeld-Schor, nous ne prêtons habituellement pas attention à ces cycles saisonniers car ils sont très lents. “Nous ressentons notre horloge interne lorsque nous sommes en situation de décalage horaire, par exemple, mais nous sommes moins attentifs aux mécanismes de l’horloge saisonnière, en partie parce que nous vivons dans un environnement artificiel de perpétuel été, avec du chauffage en hiver et une lumière artificielle la nuit. Mais les études menées sur d’autres espèces montrent que même après des années passées dans des conditions artificielles permanentes, les animaux continuent de se conformer à leur horloge saisonnière et les analyses statistiques indiquent que les humains ne sont pas différents des autres espèces. Nous aussi, sommes des animaux saisonniers. Nous exprimons des gènes différents selon les saisons, connaissons des maladies saisonnières, manifestons plus ou moins de violence selon les saisons et partons même en guerre en fonction des saisons”.

“Nous constatons donc que l’environnement artificiel ne fait pas disparaître l’horloge saisonnière des êtres humains, mais nous ne savons pas encore exactement comment il l’affecte. Nous disposons de plus en plus d’études qui soulignent la désorientation totale d’autres êtres vivants en fonction des modifications climatiques. Par exemple, les oiseaux migrateurs qui quittent un pays et sont supposer arriver à leur destination à une date précise, qui correspond à l’apparition des larves qui leurs servent de nourriture. Mais, en raison du réchauffement global, les larves, qui programment leur éclosion en fonction de la température ambiante, naissent avant que les oiseaux n’arrivent et par conséquent, les oiseaux meurent de faim”.

Selon le professeur Kronfeld-Schor, le nouvel article met en évidence la nécessité d’une meilleure compréhension de la biologie saisonnière, en particulier à la lumière des perturbations de cette saisonnalité en raison du changement climatique, du mode de vie moderne et d’autres impacts humains. Nous ne connaissons pas encore le prix payé pour tenter de contourner la nature.

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