Découverte israélienne : il n’existe pas de cerveau “masculin”

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Une étude révolutionnaire menée sous la direction du Prof. Daphna Joel de l’Ecole de psychologie et de l’Ecole des Neurosciences de l’Université de Tel-Aviv, en collaboration avec le Département de neurobiologie de l’École de mathématiques, et de chercheurs de l’Institut Max Planck de Leipzig et de l’Université de Zurich, montre qu’il n’existe pas deux types distincts de cerveau et que le cerveau de chaque individu présente une mosaïque de caractéristiques “masculines” et “féminines” .

L’article a été publié le 30/11/15 dans la prestigieuse revue américaine PNAS (Proceedings of the National Academy of Sciences).

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La question des différences entre les hommes et les femmes est vieille comme le monde. Avec le développement des neurosciences au cours de ces dernières décennies est apparue la question de savoir si ces distinctions se reflétaient également dans leurs cerveaux, et plus spécifiquement si les femmes ont un “cerveau féminin” et les hommes un “cerveau masculin” ?

“Nous avons cherché à déterminer s’il existe deux genres de cerveaux, féminin et masculin, comme il existe deux types distincts d’organes génitaux”, explique le Prof. Joel. “Il y a sans aucun doute des différences entre les sexes, et des études ont même trouvé des disparités entre le cerveau des femmes et celui des hommes, mais cela ne signifie pas que les individus ont un “cerveau féminin” ou un “cerveau masculin”, comme ils ont des organes sexuels masculins ou féminins”.

Dans une première étape, les chercheurs ont examiné quatre bases de données rassemblant des examens IRM de plus de 1400 cerveaux humains. Dans chaque ensemble ils ont identifié une série de caractéristiques mesurables, telles que le volume de certaines zones, ou l’intensité des connexions entre différentes régions cérébrales, retenant les traits pour lesquels la différence entre les sexes était la plus marquée. Ils ont établi trois catégories : caractéristiques plus fortes chez les hommes (traits masculins), égales chez les deux, et plus fortes chez les femmes (traits féminins).

Ils ont ensuite examiné séparément chaque cerveau, et vérifié s’il comportait uniquement des “traits féminins” ou seulement des “traits masculins”, ou bien s’il présentait au contraire, une combinaison quelconque de caractéristiques des deux extrêmes et du centre. Les conclusions sont sans équivoque : 0 à 8 pour cent seulement des cerveaux examinés ne contenaient que des caractéristiques d’une seule extrémité. Tous les autres présentaient une “mosaïque” personnelle et spécifique combinant des caractéristiques des diverses catégories.

“C’est en fait la principale innovation de notre étude”, explique le Prof. Joel. “Jusqu’à présent, un nombre estimable de recherches ont rapporté des différences entre les hommes et les femmes sur des zones ou des connexions spécifiques du cerveau. Notre étude est la première à passer du niveau d’une région cérébrale isolée à celui du cerveau dans son ensemble, pour déterminer si on peut dire ou non que les cerveaux sont soit féminins soit masculins”.

Dans la deuxième partie de l’étude, les chercheurs ont examiné des données psychologiques (telles que des traits de personnalité, des attitudes, ou des caractéristiques comportementales) de plus de 5500 personnes, à partir de 3 bases de données distinctes. Comme dans le cas des examens IRM, ils ont constaté des différences entre les femmes et les hommes pour certaines variables, mais n’ont trouvé quasiment aucun individu qui présente uniquement des traits féminins ou masculins.

“Toute personne, homme ou femme, possède un ensemble spécifique de traits masculins et féminins, et il en est de même pour son cerveau”, conclut le Prof. Joel. “Jusqu’à présent, les scientifiques se sont contentés d’affirmer qu’il existe des différences statistiques entre les sexes. Nous avons montré que la présence de ces différences statistiques ne signifie pas qu’il existe deux types distincts de cerveaux. En d’autres termes, on rencontre des caractéristiques plus courantes chez les hommes et d’autres chez les femmes, mais contrairement au cas des organes sexuels, il n’existe pas de “cerveau féminin” et de “cerveau masculin””.

 

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