Etude israélienne : les risques de l’accouchement après terme

les risques de l'accouchement après terme
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Un accouchement après terme augmente les risques pour la santé du bébé, d’après une étude de l’Université de Tel-Aviv. L’étude a été menée par le Dr. Liran Hiersch de l’Ecole de médecine de l’Université de Tel-Aviv, en collaboration avec le Prof. Nehama Linder, directrice de l’unité néonatale du Centre Médical Rabin de Petah Tikva. Elle montre que les grossesses au-delà de la 42 ème semaine impliquent un risque près de deux fois plus élevé de naissance par césarienne ou par ventouse, de même que des complications post-natales pour les nouveau-nés, telles que des maladies infectieuses ou des difficultés respiratoires.

L’étude a été publiée en décembre 2015 dans le numéro de la revue Archives of Diseases in Childhood intitulé Fetal and Neonatal Edition.
Lorsque la grossesse dépasse la 40 ème semaine et le terme prévu pour la naissance, les médecins recommandent un suivi régulier et rapproché, et parfois même une induction artificielle de l’accouchement, que beaucoup de femmes refusent, par crainte pour le fœtus ou en raison d’un risque accru de césarienne. “Certaines femmes refusent de déclencher artificiellement le travail d’accouchement même deux semaines après la date prévue de la naissance, et les médecins éprouvent des difficultés à les convaincre sans données précises”, explique le Dr. Hirsch. “Nous avons donc été vérifier s’il est effectivement justifié de proposer aux femmes un déclenchement médical de l’accouchement lors d’un dépassement de terme important; autrement dit si une grossesse qui va largement au-delà du terme prévu implique des risques accrus quels qu’ils soient”.

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Le Dr. Hirsch et son groupe de travail ont donc examiné les rapports de naissance d’environ 23 500 femmes ayant accouché au Centre Médical Rabin au cours des cinq dernières années, après une grossesse sans complications et comportant un fœtus unique. Les données ont été divisées en trois groupes suivant la date de l’accouchement : naissances de la 39 ème à la 40 ème semaine de grossesse, naissances en 41 ème semaine, et naissances tardives, de la 42 ème à la 44 ème semaine.

“Nous avons isolé la naissance tardive comme facteur de risque unique, détaché d’autres complications de la grossesse”, explique le Dr. Hirsch. “D’autre part, nous avons pris en compte seulement des grossesses à faible risque, afin de pouvoir déterminer clairement l’effet de l’âge gestationnel pris comme facteur isolé sur la naissance et l’état du nouveau-né”.

Les conclusions ont été significatives : 2 fois plus de risque d’infections, de maladies respiratoires et autres complications néonatales chez les bébés “retardataires”, nés à la 42 ème semaine ou même plus tard. 5,5% d’entre eux ont été hospitalisés en unité de soins intensifs, comparativement à seulement 3% chez les nourrissons nés à terme. On a également enregistré une augmentation du risque lors de la naissance: 9% des grossesses post-matures se sont terminées par césarienne, contre 5,5% pour les naissances en 39-40 ème semaine. Enfin 9,5% des femmes après terme ont accouché par ventouse, contre 7,5% de celles ayant accouché à terme.

“Notre étude donne aux médecins des informations objectives qui pourront les aider à prendre les bonnes décisions, voire même persuader les femmes de déclencher médicalement l’accouchement, si la naissance se fait attendre trop longtemps”, conclut le Dr Hirsch. A présent, les chercheurs envisagent de vérifier si une naissance tardive constitue également un facteur de risque pour les problèmes de développement ultérieurs.

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