Cancer : Israéliens et Palestiniens s’associent dans la recherche

Shares

Le Lymphome non Hodgkinien (LNH), tumeur probablement originaire des lymphocytes B ou T, représente environ  3% des cancers estimés à l’échelle mondiale. La plupart des études épidémiologiques de la maladie ont été menées aux Etats-Unis et en Europe, ainsi que sur une petite partie de la population d’Asie de l’Est.

Etant donné que les Israéliens et les Palestiniens représentent une population culturellement et génétiquement différente, vivant à proximité l’une de l’autre, une recherche approfondie évalue les facteurs de risques qui peuvent enrichir la compréhension des gênes et de l’environnement en cause du lymphome. Bien qu’elles partagent le même écosystème, les populations diffèrent en terme de mode de vie, de santé et de système médical. Or les deux populations rapportent un fort nombre de cas LNH, qui représente le 5ème cancer malin en Israël et le 8ème en Cisjordanie.

Soyez informés en temps réel ! Suivez-nous sur...


Des chercheurs israéliens et palestiniens, dirigés par le Professeur Ora Paltiel, Directrice de l’école Hadassah Braun de Santé Publique de l’Université Hébraïque et par le médecin en chef du Département Hématologique de Hadassah, ont conduit une étude épidémiologique sur un vaste panel afin d’examiner les facteurs de risques du LNH-B et ses sous-types dans les deux populations.

Sélectionnés au sein de la population arabe palestinienne et juive israélienne, les chercheurs se sont intéressés aux antécédents médicaux, à l’environnement et au mode de vie de plus de 823 personnes vivant avec le lymphocyte B du Lymphome Non-Hodgkinien (LNH-B), et 808 participants en bonne santé. Utilisant des données issues de questionnaires, d’examens pathologiques, sérologiques et génotypiques, ils ont pu détecter plusieurs facteurs de risques communs aux deux populations et d’autres propres à chaque population.

Les résultats, publiés dans la revue spécialisée PLOS ONE, ont montré dans les deux populations, que les facteurs déterminants associés au début étaient effectivement en cause dans le déclenchement du LNH-B. Une association différente a également été remarquée lors de la consommation d’alcool. Plusieurs facteurs d’exposition, incluant le tabagisme et l’utilisation massive de pesticides en intérieur, ont été associés à un sous-type de lymphome B.

Les résultats ont aussi montré des divergences entre les populations. Certains facteurs de risque sont apparus uniquement parmi les arabes palestiniens ayant effectué du jardinage ou connu des cas d’herpès, de mononucléose, de rubéole ou de transfusion sanguine. A l’inverse  les facteurs de risque chez les juifs israéliens ont seulement inclus la culture de fruits et de légumes et des maladies auto-immunes.

Les chercheurs ont conclu que les différences observées dans les facteurs de risque, en fonction de l’ethnie, pourraient refléter les différences de mode de vie, de système médical et montrer des tendances dont les variations du lymphome et ses sous-types dépendent de facteurs spécifiques dans d’autres maladies. Ces découvertes requièrent des recherches encore plus approfondies sur leurs mécanismes.

Le fait que les facteurs de risque opèrent différemment selon le groupe ethnique soulève une possibilité d’interactions gênes-environnement, c’est-à-dire que l’exposition environnementale agit différemment sur les individus de différents milieux sociaux. Mais cet écart peut aussi révéler des différences dans les habitudes nutritionnelles, culturelles, socio-économiques, environnementales, médicales et infectieuses à un âge plus jeune, ainsi que d’autres facteurs.

Cette étude reflète également un effort conjoint unique impliquant chercheurs israéliens et palestiniens et prouve l’importance d’une telle coopération  même dans un climat politique incertain. L’épidémiologie des cancers sera enrichie à travers l’élargissement des recherches analytiques, incluant des sous-études de populations issues d’ethnies et de régions variées.

“En plus de la contribution scientifique qu’une telle étude fournit en terme de compréhension des facteurs de risque du LNH, l’étude entraîne une belle coopération entre plusieurs institutions”, déclare le Pr. Paltiel. “L’étude a offert l’opportunité de familiariser les chercheurs palestiniens et israéliens, et suscitera une interaction intellectuelle pour les années à venir. Les données collectées donneront également accès à une plateforme de recherche pour les futurs essais sur le lymphome.”

Institutions ayant participé à cette étude: Braun School of Public Health and Community Medicine, and Depts. of Hematology and Pathology, Hadassah-Hebrew University Medical Center; Dept. of Medical Laboratory Sciences and Dept. of Community Medicine, Faculty of Medicine, Al Quds University; Cancer Care Center, Augusta Victoria Hospital; Beit Jalla Hospital; Department of Statistics, Hebrew University; Department of Primary Health Care, Palestinian Ministry of Health; Tisch Cancer Institute and Institute for Translational Epidemiology, Mount Sinai School of Medicine; Rambam Medical Center and Rappaport Faculty of Medicine, Technion; Chaim Sheba Medical Center and Meir Medical Center and Tel Aviv University.

Cet article est une traduction d’une publication de l’Université Hébraïque de Jérusalem.

Shares

Commenter cet article

commentaire(s) jusqu’à présent. Ajouter le votre...

Abonnez-vous à notre newsletter

Rejoignez nos 2 753 abonnés et recevez nos derniers articles directement sur votre e-mail.