En Israël, comment “l’AgriTech” veut séduire les Français

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Ce reportage de Gaëlle FLEITOUR a été publié dans L’Usine Nouvelle, le 9 juin 2017.

En Israël, comment “l’AgriTech” veut séduire les Français

REPORTAGE : Soixante-dix ans après sa création, Israël exporte à travers le monde ses technologies agricoles. Et déploie une opération de séduction pour convaincre les puissantes entreprises françaises du secteur d’investir dans ses innovations et ses start-up. Reportage.

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Dans la ferme aux 1 000 vaches du kibboutz Shefayim, l’élevage le plus moderne du pays, capteurs et logiciels de gestion mesurent en temps réel le contenu en matières grasses et en protéines du lait, le débit de la traite… Avec 1,5 milliard de litres de lait collectés chaque année auprès de 124 000 vaches laitières, Israël dispose du plus haut taux de productivité au monde en la matière. De quoi assurer sa quasi autosuffisance en lait.

Chaque jour, shabbat inclus, pas moins de trois traites sont réalisées et analysées via des outils informatiques pour détecter d’éventuelles maladies et miser sur une gestion préventive du troupeau. Une technologie développée par Afimilk, leader mondial pour le développement de systèmes informatisés pour les élevages laitiers, qui a déjà traversé la mer Méditerranée, puisque l’entreprise israélienne concurrence déjà en France notre champion local, Alfa Laval. Et planche avec Volcani Center, équivalent israélien de l’Inra, sur des caméras high tech capables d’observer et délivrer en temps réel des informations sur le bien-être de l’élevage.

Innover face à des ressources limitées…

Ce n’est qu’une des nombreuses technologies agricoles qu’Israël entend mettre au service de la France. Comment ce jeune et petit pays de huit millions d’habitants (au PIB de 299 milliards de dollars en 2015, contre 2 400 milliards pour la France) entend-il aider notre puissance agricole ? En misant sur les innovations nées d’une culture du risque sans égal, se targuent les Israéliens, car il leur a fallu depuis 1948 apprendre à cultiver un sol dans un climat aride, en grande partie désertique, avec une population juive venue d’Europe sans connaissance du travail de la terre…

“Nous avons toujours essayé de transformer les obstacles en avantages”, assure Dan Catarivas, le directeur international du patronat israélien. D’où la naissance du goutte à goutte, un système d’irrigation économe en eau qui a fait le succès de l’entreprise israélienne Nétafim. Ou de sa concurrente Naan, croquée depuis par le conglomérat industriel indien Jain pour en faire un champion mondial de l’irrigation aux 800 millions de dollars de ventes. “Si les Israéliens possèdent 50% du marché total de l’irrigation dans le monde, c’est grâce à leurs méthodes de coopération dans le secteur de l’agriculture, un secteur très compliqué et totalement différent de l’industrie !”, assène le patron de Naan Dan Jain en Israël. L’entreprise conçoit, teste dans ses propres champs et fabrique, avec l’aide de Jain, tous ses produits, puis charge ses agronomes de former et d’accompagner les agriculteurs de tous types de climats et cultures, notamment en Afrique.

Mais ses technologies sont encore loin d’être majoritaires en France, où les champs de grandes cultures privilégient toujours l’irrigation en surface. Naan Dan Jain n’y réalise encore qu’environ 6 millions d’euros, tandis que Nétafim, présente depuis une quinzaine d’années, espère surfer sur l’essor de notre marché bio…

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L’Usine Nouvelle / Gaëlle FLEITOUR

 

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