Comment le paludisme (malaria) trompe le système immunitaire

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Une étude, dirigée par le Docteur Neta Regev-Rudzki de l’institut Weizmann de Rehovot en Israël, suggère un possible remède contre le paludisme.

Les efforts pour éradiquer le paludisme dépendent du fait de savoir si les scientifiques sont plus malins que le parasite de la maladie. Très vite, une fois infecté par la maladie, la résistance aux médicaments se développe. Dans une étude parue le 7 décembre 2017, dans “Nature Communications” les chercheurs de l’institut scientifique Weizmann, ont démontré, en collaboration avec des chercheurs irlandais et australiens que la maladie était encore plus forte qu’on l’imaginait : non seulement elle se cache du système immunitaire de l’individu mais elle emploie également une véritable stratégie pour le duper.

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Le paludisme est, après la tuberculose, la deuxième cause de mortalité de maladies transmissibles : plus de 200 millions de personnes en sont infectées chaque année et près d’un demi-million y succombent, la plupart étant âgées de moins de cinq ans.
Le Docteur Neta Regev-Rudzki explique que ” le paludisme est un véritable fléau pour les pays pauvres, où succombent des milliers de jeunes enfants chaque jour “. “Pour lutter contre la maladie, nous devons absolument en comprendre le fonctionnement”.

Le docteur Regev-Rudzki avait déjà découvert, au cours de ses études à l’Institut de recherche médicale de Melbourne, en Australie, que les parasites communiquaient entre eux pendant leur étape d’incubation dans le sang, en libérant des nano-vésicules, des petits sacs qui contiennent un message d’ADN. Cette découverte est d’autant plus surprenante que la nano-vésicule doit traverser pas moins de six membranes séparées pour communiquer le message du parasite d’un globule rouge à un autre.

Dans la nouvelle étude et en collaboration avec le professeur Andrew G. Bowie du Trinity College de Dublin, l’équipe du docteur Regev-Rudzki a découvert qu’en parallèle, le parasite utilisait cette même chaine de communication dans un but radicalement différent : celui de délivrer un message trompeur au système immunitaire de l’individu. Dans les douze premières heures suivant l’infection des globules rouges, le parasite envoie une nano-vésicule remplie d’ADN qui pénètre d’autres cellules appelées monocytes. En principe, les monocytes forment la première ligne de défense contre les invasions étrangères dans le système immunitaire.

Mais avec le paludisme, la nano-vésicule trompe cette cellule monocyte. En effet, pendant que le système immunitaire est occupé à défendre l’organisme contre un faux danger, l’infection réelle s’installe à l’intérieure des globules rouges, permettant aux parasites de se multiplier à une vitesse vertigineuse. Quand enfin le système immunitaire découvre son erreur, un temps précieux a été perdu et l’infection est beaucoup plus difficile à contenir.

L’équipe de Regey-Rudzki a identifié une molécule-capteur appelée STING qui s’active quand la nano-vésicule transperce les monocytes. C’est cette molécule STING qui délivre la fausse alerte au système immunitaire, lui faisant croire que ses monocytes sont en danger. Les scientifiques se sont aperçus, qu’en éliminant STING, la fausse alerte n’était pas donnée.

Neta Regev-Rudzki explique : “Nous avons découvert une stratégie subversive que le parasite du paludisme emploie pour se développer dans le sang humain”. “En interférant avec cette subversion du système immunitaire, il pourrait être possible à l’avenir de développer des moyens de bloquer l’infection.”

 

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