Lésions de la moelle épinière : un traitement israélien très prometteur

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Des chercheurs de l’Université de Tel-Aviv, sous la direction des Dr. Angela Ruban et Yona Goldshmit de la Faculté de Médecine, ont testé en laboratoire un traitement innovant permettant de réduire de manière significative les dommages du système nerveux et les troubles moteurs occasionnés par les traumatismes au niveau de la moelle épinière. Selon eux, l’administration immédiate sur le terrain de ce traitement par les ambulanciers paramédicaux devrait améliorer considérablement les chances de guérison des blessés dans l’avenir. L’étude a été récemment publiée dans le Journal of Neurotrauma.

“Une personne atteinte de lésion de la moelle épinière se demande si elle restera handicapée ou pourra se remettre à marcher. Mais dans de nombreux cas la réponse ne peut être claire et définitive qu’après des semaines et parfois des mois”, explique le Dr. Ruban. “En effet,  dans la zone de la blessure continuent de se produire divers processus physiologiques et chimiques apparus en réponse au traumatisme. Entre autre: une augmentation spectaculaire de la concentration de glutamate, neurotransmetteur important et commun du système nerveux central. Un niveau élevé de glutamate tue les cellules nerveuses, causant d’importants dommages secondaires. Ce phénomène est connu depuis des années et, au fil du temps, des médicaments ont été développés pour réduire le taux de glutamate en bloquant son activité dans le cerveau. Mais ces traitements, conçus pour les patients atteints de maladies neuro-dégénératives telles que la maladie d’Alzheimer et la SLA, ont eu un succès très limité car ils présentent des effets secondaires nombreux et sérieux”.

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Les chercheurs de l’Université de Tel-Aviv ont adopté une approche différente et innovante, développée il y a plusieurs années à l’Institut Weizmann par le regretté Prof. Vivian Teichberg et le Dr. Angela Ruban. Le Prof. Teichberg avait découvert que les transporteurs membranaires (protéines de la membrane cellulaire qui permettent le transport des métabolites) des cellules sanguines de la barrière hémato-encéphalique qui isole le système nerveux central du système circulatoire, régulent le niveau de glutamate dans le cerveau par le pompage de son excédent et sa libération dans la circulation sanguine. Il avait également constaté que le taux de libération du glutamate dépend de sa concentration dans le sang à un moment donné. Dans des conditions normales, ce système contribue à maintenir l’équilibre du niveau de ce neurotransmetteur dans le cerveau et le système nerveux central.

“Nous avons développé une nouvelle approche sur la base de ces conclusions”, a expliqué le Dr. Ruban. “Au lieu d’intervenir sur l’action du glutamate dans le cerveau, il suffit de réduire son taux dans le sang, et le système de régulation naturel du corps fera le reste. La réduction du glutamate dans le sang créera un phénomène de  “diffusion chimique ” (tendance naturelle d’un système à rendre uniforme le potentiel chimique de chacun de ses composants) entre le cerveau et la circulation sanguine, provoquant une activité accrue du mécanisme d’élimination du glutamate par le système nerveux central. Ces dernières années, cette approche a été testée avec succès sur des modèles animaux pour le traitement de diverses maladies et lésions neurologiques. Nous avons voulu tester son efficacité en cas de lésion de la moelle épinière”.

Le Dr. Yona Goldsmit, spécialisée dans la recherche sur les lésions médullaires depuis de nombreuses années, a donc testé un traitement par injection d’une enzyme du foie qui décompose les molécules de glutamate dans le sang, sur des souris de laboratoire. Les résultats ont été probants: le traitement a provoqué une réduction significative des cicatrices des lésions et du processus inflammatoire. Plus important encore: les fibres nerveuses (axones) coupées ont commencé à se régénérer et à se reformer, et même à adhérer à la blessure. Les souris ont recommencé à courir normalement, l’impact de la lésion diminuant jusqu’à disparaitre.

“Nous pensons que cette nouvelle approche pourra servir de base au développement de traitements innovants qui préviennent les conséquences graves des lésions de la moelle épinière ou les diminuent”, conclut le Dr. Ruban. “Nous espérons que dans l’avenir toutes les ambulances seront en possession de médicaments basés sur cette méthode, qui seront injectés aux blessés sur le terrain immédiatement, afin d’assurer des résultats optimaux”.

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