La fontaine de jouvence du système immunitaire

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Si seulement nous pouvions garder notre corps jeune, sain et tonique, même lorsque nous atteignons la sagesse que confèrent les années ! Une nouvelle recherche menée à l’Institut Weizmann des Sciences laisse penser que ce rêve pourrait se réaliser, au moins partiellement, dans le futur. Les résultats de cette recherche, dirigée par le Pr. Valery Krizhanovsky et le Dr Yossi Ovadya du Département de biologie moléculaire de la cellule, ont été publiés dans la revue Nature Communications, le 21 décembre 2018.

La recherche a débuté par un examen de la façon dont le système immunitaire est impliqué dans une activité cruciale : éliminer les vieilles cellules sénescentes qui sont source de problèmes pour le corps quand elles restent sur place. Il a été montré que les cellules sénescentes – qui ne sont pas complètement mortes mais souffrent d’un fonctionnement dégradé ou de dommages irréparables – sont impliquées dans les maladies du vieillissement du fait qu’elles favorisent l’inflammation.

Les chercheurs ont utilisé des souris dépourvues d’un gène crucial pour cette activité immunitaire. À l’âge de deux ans (un âge avancé pour une souris), le corps de ces souris présentait une plus grande accumulation de cellules sénescentes que celui des souris chez lesquelles le gène d’élimination de ces cellules était intact. Les souris dépourvues du gène souffraient d’inflammation chronique et diverses fonctions de leur corps semblaient diminuées. Elles avaient également l’air plus âgées – et mourraient plus précocement – que leurs congénères normales.

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Les chercheurs ont ensuite donné aux souris un médicament inhibant la fonction de certaines protéines qui aident les cellules vieillissantes à survivre dans leur état de sénescence, dans le but de déterminer si cela aiderait à l’élimination de ces cellules du corps. Le médicament a été administré à des souris dont le vieillissement résultait des dysfonctionnements que le groupe avait découverts dans le système immunitaire, ainsi qu’à d’autres souffrant d’un vieillissement prématuré dû à une erreur génétique différente.

Les souris traitées ont exceptionnellement bien réagi au médicament : leurs analyses du sang et leurs tests d’activité ont montré une amélioration, et leurs tissus semblaient être beaucoup plus proches de ceux de jeunes souris. Les scientifiques ont compté les cellules sénescentes et en ont trouvé beaucoup moins dans le corps des souris traitées ; et quand ils ont cherché des signes d’inflammation, ils ont constaté que ceux-ci également étaient significativement moins marqués. Les souris traitées avec le médicament étaient plus actives et leur durée de vie moyenne augmentait.

Les scientifiques ont l’intention de continuer à rechercher des manières d’inciter le corps humain à éliminer ses vieilles cellules sénescentes, et en particulier de trouver des moyens de faire accomplir ce travail par le système immunitaire. Autrement dit, si les expériences futures prouvent que leurs théories sont correctes, ils pourraient en venir à créer des thérapies véritablement “anti-âge”.

Weizmann Wonder Wander

La recherche du Pr. Valery Krizhanovsky bénéficie du soutien du Sagol Institute for Longevity Research, du Ilse Katz Institute for Material Sciences and Magnetic Resonance Research, de la Rising Tide Foundation, de la Quinquin Foundation, de M. et Mme Bruce Kanter ainsi que du Conseil européen de la recherche.

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