Cancer de l’ovaire : un nouveau test de détection précoce

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Une étude menée sous la direction du Prof. Tamar Geiger de la Faculté de Médecine de l’Université de Tel-Aviv, en coopération avec le Dr. Keren Levanon médecin-chercheur au Centre médical Sheba-Tel-Hashomer, a abouti à la mise au point d’un nouveau test de détection précoce du cancer de l’ovaire, d’une précision supérieure aux tests existants, qui permettra de dépister la maladie chez les femmes qui y sont génétiquement prédisposées. Selon les chercheurs la méthode utilisée est également prometteuse pour dépister d’autres types de cancer difficiles à détecter.

L’étude a été publiée, le 13 février 2019, dans la revue Molecular & Cellular Proteomics.

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Dans plus de cinquante pour cent des cas, la chance de survie des patientes atteintes d’un cancer de l’ovaire est de cinq ans après le diagnostic. Selon l’Association américaine de lutte contre le cancer, ceci s’explique par le fait qu’environ un cinquième seulement des cas sont dépistés suffisamment tôt, lorsque les chances de succès du traitement et de guérison sont maximales. “Si nous pouvions changer cette réalité en détectant le cancer de l’ovaire à un stade curable, nous pourrions sauver de nombreuses vies”, ont déclaré les chercheurs.

“Les fluides corporels contiennent de nombreuses protéines. Certaines d’entres elles, les plus courantes, produisent des signaux puissants qui peuvent masquer ceux de plus petites quantités émis par les protéines liées au cancer, les rendant plus difficiles à détecter, notamment dans le sang”. Pour surmonter cette difficulté, les chercheurs ont recherché les “signatures” du cancer dans les microvésicules du liquide utérin. Les microvésicules sont des vésicules libérées par les cellules, qui agissent comme des vecteurs d’information en transmettant leur contenu à des cellules cibles. Elles ne contiennent presque pas de protéines plasmatiques susceptibles de masquer les signaux cancéreux.

Les chercheurs ont donc comparé des milliers de protéines provenant de microvésicules utérines chez 12 volontaires en bonne santé et 12 patientes atteintes d’un cancer de l’ovaire. Utilisant des algorithmes d’apprentissage automatique pour rechercher des modèles permettant de distinguer les échantillons, ils ont développé un ensemble diagnostique de neuf protéines qui dissocient les femmes atteintes du cancer de l’ovaire des femmes en bonne santé.

Ils ont ensuite testé la précision de cet ensemble sur 152 femmes, dont 37 atteintes d’un cancer ovarien. Le test s’est avéré d’une sensibilité diagnostique de 70% (détectant le cancer de 25 participantes sur 37); à l’inverse, il a identifié trois volontaires non atteintes sur quatre (soit un taux dit de spécificité de 76%), surpassant ainsi les tests existant, d’une sensibilité inférieure à 60%.

Selon les chercheurs, le test mis au point pourrait être utile pour dépister la maladie chez les femmes présentant un risque élevé de développer un cancer de l’ovaire. De plus, ajoutent-ils, la méthode d’isolation des microvésicules des liquides corporels pour détecter des signaux du cancer plus faibles que ceux des protéines courantes est prometteuse pour dépister d’autres types de cancer difficiles à détecter.

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