Vers un traitement du virus Zika ?

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Des chercheurs de l’Université de Tel-Aviv, sous la direction du Dr. Ella Sklan du Département de microbiologie et d’immunologie clinique de la Faculté de Médecine, ont identifié des gènes capables de protéger les cellules contre les infections par le virus Zika, et de régénérer les cellules infectées. La recherche, réalisée en coopération avec le Dr. Nabila Jabrane-Ferrat du CNRS de Toulouse, pourrait dans l’avenir déboucher sur la mise au point d’un traitement du virus et d’autres infections.
Elle a été récemment publiée dans la revue Journal of Virology.

“Le virus Zika a déjà touché plus de 60 millions de personnes dans le monde, principalement en Amérique du Sud”, rappelle le Dr. Sklan.”Il a des conséquences potentiellement dévastatrices pour les femmes enceintes et leurs futurs bébés, dont beaucoup naissent avec une microcéphalie grave et d’autres anomalies neurologiques ou du développement. Il n’existe actuellement aucun vaccin ni traitement spécifique contre ce virus”.

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La présente étude est basée sur la technique dite “d’édition du génome” développée dans les années 2000 et connue sous le nom de CRISPR-Cas9, un enzyme capable de couper les molécules d’ADN avec précision et à n’importe quel emplacement. Cette technique naturelle dite des “ciseaux moléculaires” s’appuie sur les propriétés de l’enzyme bactérien Cas9, capable de localiser des gènes à des emplacements spécifiques le long du génome humain et de les modifier. Les chercheurs ont utilisé une version adaptée de ce système, appelée activation CRISPR, réalisée en modifiant génétiquement le Cas9, de manière à permettre l’expression de gènes spécifiques à un emplacement voulu dans l’ADN.

“L’activation CRISPR peut être utilisée pour identifier des gènes protégeant contre l’infection virale”, explique le Dr. Sklan. “Nous avons utilisé ce système pour activer tous les gènes du génome de cellules que nous avons cultivées; puis nous avons ensuite infecté ces cellules avec le virus Zika. Nous avons pu remarquer qu’alors que la plupart des cellules sont mortes après l’infection, certaines ont survécu, en raison de la surexpression de certains gènes protecteurs. Utilisant ensuite les méthodes de séquençage génétique dites de nouvelle génération, ainsi que l’analyse bioinformatique, nous avons pu identifier un certain nombre de gènes permettant cette survie, en nous focalisant sur l’un d’entre eux en particulier, appelé IFI6, dont le rôle protecteur avait déjà été identifié lors d’un précédent criblage, réalisé par un autre groupe de recherche, vis-à-vis d’autres virus”.

“Et en effet, ce gène IFI6 a montré une capacité de protection élevé également contre le virus Zika, à la fois en protégeant les cellules contre l’infection et en prévenant la mort cellulaire”, a poursuivi le Dr. Sklan. En collaboration avec le Dr. Nabila Jabrane-Ferrat du CNRS de Toulouse, les gènes identifiés ont ensuite été transférés dans des tissus de placenta humain qui servent de passerelle pour la transmission virale au fœtus, et il s’est avéré qu’ils pouvaient également jouer un rôle protecteur contre le virus dans ces tissus. “Le mode d’action du gène IF16 est pour le moment encore inconnu; lorsque l’on pourra le reproduire, il pourra servir de base à la mise au point d’un nouveau traitement antiviral pour lutter contre le virus Zika et les infections associées”.

“Nos résultats permettent de mieux comprendre les caractéristiques clé de la bactérie qui protègent les cellules contre l’infection par le virus Zika, et pourraient également aider à identifier de nouvelles cibles antivirales”, conclut le Dr. Sklan. Les chercheurs travaillent actuellement à découvrir le mécanisme par lequel le gène IFI6 inhibe l’infection.

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