Panorama des relations scientifiques France-Israël

Shares

La France occupe le cinquième rang en termes de production scientifique derrière les Etats-Unis, le Japon, le Royaume-Uni et l’Allemagne. Elle est quatrième dans le système européen de brevets avec 6,3% des demandes. Enfin, elle consacre 2,26 % de son PIB à la recherche et développement.

Israël présente, pour sa part, des indicateurs de R&D et d’innovation tout à fait exceptionnels au regard de la petite taille du pays. Ainsi, Israël compte le plus grand nombre de scientifiques par habitant dans le monde et se classe sixième en matière de publications scientifiques par habitant. Il se positionne à la première place mondiale en termes de brevets (toujours per capita) en matière de dispositifs et équipements médicaux et est quatrième dans le domaine Bio-Pharma. Israël investit actuellement 4,8% de son PIB dans la R&D, plus que la plupart des pays industrialisés.

Soyez informés en temps réel ! Suivez-nous sur...


La France et Israël ont une longue tradition de partenariat dans le domaine des sciences. Aujourd’hui, la France est le quatrième partenaire scientifique d’Israël. En Février dernier (cf. ci-dessous), le ministre français de la Recherche, M. Laurent Wauquiez, a annoncé son ambition d’asseoir davantage cette relation. La mise en place d’une coopération stratégique plus importante entre les deux pays ferait ainsi d’eux des acteurs plus influents dans la compétition scientifique mondiale.

Dans l’intervalle, ce partenariat bilatéral s’exprime par le biais de nombreux accords et de multiples rencontres scientifiques et technologiques, conférences, réunions officielles, salons, forums et autres tables rondes.

Petit tour d’horizon :

  • Un Accord de coopération scientifique entre le Ministère israélien de la Science et de la Technologie d’une part et le CNRS, d’autre part, a été conclu en 1992.
     
  • La même année, un M.O.U sur la coopération scientifique a été signé entre le CNRS et le Technion Israel Institute of Technology.
     
  • Le Technion cumule par ailleurs les partenariats avec diverses institutions et sociétés françaises (CEA, INSERM, Veolia, Sanofi-Aventis…. Plus d’informations à ce sujet via le site internet de l’Association Technion France, présidée par l’infatigable et dynamique Muriel Touaty).
     
  • De même au sujet de l’Institut Weizmann, représenté en France par Dr. Robert Parienti avec un précédent remarquable: la Fondation Pasteur-Weizmann qui, depuis 1974, constitue l’exemple le plus significatif de la coopération dans le domaine de la recherche médicale entre la France et Israël.

    Les principaux objectifs du Conseil Pasteur-Weizmann concernent d’une part, la collecte de fonds destinés à promouvoir et soutenir les recherches menées conjointement entre les chercheurs des deux Instituts et, d’autre part, l’action visant à leur collaboration avec d’autres centres de recherche en Europe.

  • Précisons encore qu’Israël s’appuie sur un système de recherche scientifique et académique mondialement réputé, avec certes des organismes aussi prestigieux que le Technion – Israel Institute of Technology de Haïfa ou encore le Weizmann Institute of Science de Rehovot précités mais aussi sur des universités de tout premier plan: l’Université hébraïque de Jérusalem, l’Université de Tel-Aviv,l’Université Bar Ilanl’Université d’Haïfa et  l’Université Ben Gourion qui vient tout juste  (janvier 2012) de signer un accord avec le CEA (via son Institut LITEN) en matière d’énergie solaire et dessalement de l’eau.

    Ces Universités ont également des offices de représentation en France qui accomplissent un travail de promotion et de coopération bilatérale soutenu.
    Chaque institution possède, en outre, son propre organe de transfert de technologie (TTO) qui lui permet notamment de commercialiser le fruit de ses avancées afin d’en faire des produits ou services industriellement rentables.
     
  • Le partenariat France-Israël s’exprime également au travers du FIRAD (Programme de coopération technologique France – Israël) mis en place dans le cadre d’un accord signé entre OSEO, qui soutient l’innovation en France, et l’Office du Chief Scientist (OCS) du Ministère de l’Industrie, du Commerce et de l’Emploi d’Israël.

    Le FIRAD soutient les entreprises françaises et israéliennes qui développent en commun des projets d’innovation industrielle. Sa gestion incombe d’une part à la Direction Internationale d’OSEO et d’autre part à MATIMOP, le Centre Israélien pour la R&D industrielle.

    Le FIRAD met en œuvre deux accords signés en 1992 et 2003.

  • 1994 a vu la conclusion du premier accord entre l’ISA (l’Agence spatiale israélienne) et le CNES (Centre national français d’études spatiales).
     
  • Le Haut Conseil franco-israélien pour la Recherche et la Coopération Scientifique et Technologique a été mis en place en 2003. L’objectif du Haut Conseil est de promouvoir la coopération scientifique et technologique entre les deux pays, de définir les priorités et de coordonner les programmes pertinents en la matière.
     
  • La Fondation France-Israel intervient également pour le renforcement des liens scientifiques entre la France et Israël.

    Créée en 2005 et présidée par l’ancien ministre Mme Nicole Guedj, la Fondation, par le biais de sa commission scientifique, rassemble plus de quarante chercheurs et décerne un prix scientifique chaque année. Elle soutient les initiatives de coopération scientifique entre la France et Israël et accompagne tout projet en ce sens.

    Elle est tout récemment à l’origine de la rencontre exceptionnelle qui s’est tenue en Février dernier en présence du Ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche M. Laurent Wauquiez et du tout dernier Prix Nobel de Chimie du Technion, M. Dan Shechtman.

  • Le développement durable et les énergies renouvelables constituent également des axes de coopération importants entre la France et Israël. Un accord portant sur l’environnement, la gestion des ressources en eau, la protection de la nature et l’efficacité énergétique a été signé, en juin 2008 entre la République française et l’Etat d’Israël.
     
  • En mars 2009 à Rehovot en Israël, Catherine Bréchignac, alors Présidente du CNRS et Daniel Zajfman, Président du WIS (Weizmann Institute of Science), ont inauguré le Laboratoire Européen Associé (LEA) « NanoBio Science (NaBi) ».
     
  • Au cours de ce même voyage, Mme Bréchignac et Menachem Magidor, président de l’Université hébraïque de Jérusalem (HUJ) ont renouvelé pour une durée de 4 ans le premier laboratoire associé créé avec Israël, le LEA « France-Israel Laboratory of Neuroscience – FILN » entre le CNRS, l’Université Victor Segalen (Bordeaux 2), l’Université Paris Descartes (Paris 5) et l’Université hébraïque de Jérusalem, Israël (HUJ).
     
  • La coopération en recherche dans le domaine du cerveau s’exprime aussi par le biais de L’AFIRNel’Association Franco-Israélienne pour la Recherche en Neurosciences née en 2002 à l’initiative de Jean-Claude Picard, son actuel président. Affiliée à l’Association des Amis français de l’Université hébraïque de Jérusalem, l’AFIRNe a ainsi établi une forte relation avec le Centre de Recherche Multidisciplinaire de Calcul Neuronal de l’UHJ, qui œuvre au décryptage du fonctionnement et des pathologies du cerveau. Du reste, l’AFIRNe organise annuellement un Colloque franco- israélien sur ces thématiques réunissant ainsi les plus brillants experts et chercheurs des deux pays autour de sujets tels que la Mémoire, la Conscience, la Plasticité ou encore la Réparation du Cerveau.
     
  • En novembre 2009 a été signé un accord visant notamment à développer la coopération en matière de R&D dans le secteur des TIC entre organismes de recherche, pôles de compétitivité français et incubateurs israéliens, et à favoriser la coordination entre organismes responsables de la gestion des fréquences et entre les opérateurs satellitaires des deux pays.
     
  • Plusieurs accords ont été conclus avec Hadassah, aux premiers rangs desquels celui signé avec l’Assistance Publique – Hôpitaux de Paris (AP-HP), le système hospitalier public de la ville de Paris et de sa banlieue, (soit le plus grand système hospitalier d’Europe) ou encore celui conclu avec l’IGR, l’Institut Gustave-Roussy étant le plus grand centre de santé dédié à l’oncologie en Europe, et bien d’autres encore avec l’ Institut Pierre et Marie Curie, le CHU de Nice ou encore le Genopole d’Evry.
     
  • Le partenariat franco-israélien passe également par le biais de BioNegev, pôle d’innovation israélien (dédié à la médecine régénérative, la gestion des régions arides, les matériaux biocompatibles, les nanotechnologies et les biotechnologies “blanches”) récemment créé en vue d’améliorer les progrès académiques de l’Université Ben Gourion et ceux du centre médical Soroka, deux entités réputées pour la qualité de leur recherche. BioNegev a signé son premier accord de coopération avec Sophia Antipolis en 2009.
     
  • En Décembre 2010 a été conclu un accord de coopération entre Israël et le Life Science Corridor France (LCF) (Alsace BioValley, Lyon Biopôle et Cancer-Bio-Santé, pôles de compétitivité français qui, afin d’avoir davantage d’impact à l’international, ont choisi de mutualiser leurs atouts et moyens).
     
  • Le 5 décembre 2011 s’est tenue la Première journée de l’Innovation France-Israël à Bercy (Ministère de l’Economie).

    Sous l’impulsion du Ministère français de l’Economie, des Finances et de l’Industrie et du Ministère israélien de l’Industrie, du Commerce et du Travail, cette journée d’exception a été l’occasion d’une découverte mutuelle dans les domaines de la R&D, l’Innovation et la coopération technologique. Elle a permis de dresser un panorama des secteurs dans lesquels les deux pays excellent tout en soulignant la complémentarité nécessaire, existante et perfectible entre les institutions ainsi que les entreprises innovantes françaises et israéliennes. La matinée a été dédiée à la réflexion sur la coopération bilatérale, sur la base de témoignages d’entreprises et d’échanges variés, notamment autour des dispositifs de R&D. Des sessions parallèles ont ensuite ponctué l’après-midi consacrée à trois domaines cruciaux et au potentiel considérable, à savoir : les nanotechnologies médicales, les technologies de l’information et de la communication et l’environnement, avec un accent particulier sur l’énergie solaire et les carburants alternatifs. Puis des rencontres BtoB ont été l’occasion de créer de concrètes opportunités d’affaires entre partenaires français et israéliens. Chiffre éloquent et grande première: 350 entreprises françaises et israéliennes ont répondu à l’appel ! A l’issue de cette journée a notamment été annoncé le projet de création d’un incubateur franco-israélien, ouvert aux entrepreneurs du high-tech issus des deux pays, à part égale.

  • A signaler également dans le sillage des relations scientifiques franco-israéliennes le magazine papier Israël Science Info, qui accomplit une veille cruciale et publie des articles de qualité sur toutes les thématiques liées à la science (médecine, nanotechnologies, environnement, neurosciences, high-tech…), sur les découvertes des chercheurs israéliens et sur les coopérations menées avec la France et à l’international. Fondé par la journaliste Esther AMAR KAGAN, diplômée du CFPJ, Israël Science Info fédère les informations de toutes les institutions israéliennes de recherche, universités, facultés, centres hospitalo-universitaires, instituts, kibboutz etc.

 

  • Enfin, tout récent moment fort à noter encore: le 21 mars dernier, le Ministre de la Science et de la Technologie de l’Etat d’Israël, M. Daniel HERSHKOWITZ, a effectué une visite en France au cours de laquelle il a notamment rencontré les principales institutions scientifiques françaises, approfondissant ainsi les liens déjà importants entre les deux pays… tout en envisageant différents axes de coopération pour l’avenir…

 

Shares

RetweeTech

Rejoignez nos 2 936 abonnés et recevez nos derniers articles directement sur votre e-mail.