Risque souverain : comment les marchés évaluent Israël ?
L’image d’Israël, ce n’est pas seulement celle que l’on lit dans les dépêches d’agences de presse.
Elle s’évalue aussi par le risque de crédit sur les marchés. : que vaut la signature Israël pour les investisseurs internationaux ?
A cet égard, le prix des CDS, credit default swap, sur la signature Israël, donne une indication intéressante.
Un CDS est un instrument financier, coté de gré à gré, qui fonctionne comme un contrat d’assurance : en contrepartie d’une prime, dont la valeur varie tous les jours sur les marchés, l’acheteur du CDS s’assure contre le risque de défaut de l’émetteur de la dette. Le défaut est matérialisé par un événement de crédit : non paiement d’une échéance, d’un coupon, ou restructuration de la dette. En cas d’événement de crédit, le détenteur du CDS perçoit le montant nominal, diminué de la part de la dette recouvrée. A noter qu’une transaction sur un CDS n’est pas subordonnée à la détention de l’actif sous-jacent.
La société CMA Vision, fournisseur de solutions et de prix sur le marché des CDS, vient de publier son étude trimestrielle sur les CDS souverains.
A fin mars, le CDS 5 ans sur Israël est valorisé à 186, ce qui signifie que la prime d’assurance est de 1,86% du montant assuré. A ce niveau, Israël se situe vers la 35ème place mondiale, au niveau de pays tels que la Pologne ou la Russie, tandis que le CDS sur la France est à 166.
A fin 2011, le CDS sur Israël valait 192, à un meilleur niveau que celui de la France : 216, qui subissait alors de plein fouet les tourments de la crise de la zone euro.
A titre de comparaison, au 30-09-2009, la France était au 5ème rang avec un CDS à 25, alors qu’Israël était vers la 25ème position, son CDS étant valorisé 96.
Une autre façon d’évaluer le risque souverain est d’étudier le taux de rendement exigé par les investisseurs sur des obligations d’Etat à 10 ans.
Ce taux est actuellement de 4,50 % pour les obligations israéliennes, à comparer avec un taux de 2% pour les T-bonds américains et de 3% pour les OAT françaises, mais de 5,60% pour les titres italiens.
Ici, l’écart plus important avec les prix français est justifié par le risque devise, par la moins bonne liquidité de la dette israélienne, ainsi que par les anticipations d’inflation légèrement plus élevées.
Le prix du risque, tel qu’il est représenté par ces données de marché, dépend fortement de l’aversion au risque des investisseurs, laquelle varie en permanence. Il dépend aussi des grandeurs économiques fondamentales. Sur ce point, la position d’Israël est remarquable, puisque son taux d’endettement public, dette sur PIB, a diminué de 83% à 77% entre 2007 et 2011. Dans le même temps, le taux d’endettement français se dégradait de près de 20 %.
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