Changement dans la politique monétaire de la Banque d’Israël : baisse du taux directeur

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Lors de son comité de politique monétaire du 25 juin, la Banque d’Israël a modifié sa politique monétaire, en baissant son taux directeur de 0,25%, à 2,25%, pour juillet.

Bien que peu importante, cette baisse est significative, car le taux directeur était resté stable depuis plusieurs mois. Ce mouvement reflète donc la volonté de la banque centrale, dirigée par le Professeur Stanley FISCHER, de soutenir l’activité économique en baissant le coût du crédit.

Cette baisse du taux directeur est justifiée par différents facteurs :

- En premier lieu, la modération de l’inflation. L’indice des prix à la consommation est resté inchangé en mai, ramenant l’inflation sur les 12 derniers mois à 1,6%, dans le bas de la fourchette 1 -3% visée. La baisse récente des prix des matières premières, en particulier énergétiques, est un facteur supplémentaire de modération de l’inflation.

- En deuxième lieu, la conjoncture internationale s’est sensiblement dégradée ces deux derniers mois. Les problèmes institutionnels et financiers de l’Europe, premier partenaire commercial d’Israël, se sont aggravés; l’économie américaine est en ralentissement; les pays émergents sont également impactés, avec la Chine qui constate un affaiblissement sensible de son activité industrielle.

- Enfin, les autres grandes banques centrales maintiennent des taux directeurs à des niveaux très bas, inférieurs au taux israélien, et envisagent même de nouvelles mesures d’assouplissement.

Pour ce qui est de l’activité économique en Israël, les dernières statistiques montrent une poursuite d’une croissance modérée, avec un risque du fait de l’environnement international. La Banque d’Israël a maintenu sa prévision de croissance pour 2012 à 3,1%, rythme respectable comparé à la stagnation attendue en Europe et à la hausse de 2% envisagée aux Etats-Unis. Pour 2013, la prévision a été légèrement abaissée à 3,4%, contre 3,5% précédemment.

Une des conséquences immédiates de la baisse du taux directeur a été un léger affaiblissement du shekel, dont le cours s’approche maintenant de 4 shekels pour 1 US$, alors qu’il était à 3,60 il y a peu. Malgré la baisse récente de la monnaie unique, le shekel s’est aussi légèrement déprécié contre l’euro. Pour un pays comme Israël dont l’activité économique est très dépendante des exportations, une baisse de la devise renforce la compétitivité des produits israéliens sur les marchés étrangers, au grand soulagement des exportateurs.

Pour ce qui est du marché immobilier, la Banque d’Israël a considéré qu’il n’y avait pas de risque sur les prix, consécutif à une baisse des taux. On sait que le taux des emprunts immobiliers est un des principaux facteurs explicatifs de la variation des prix de l’immobilier. Une baisse du coût du crédit entraîne généralement une remontée des prix de l’immobilier, qui n’est pas du tout désirable compte-tenu de la hausse constatée ces dernières années. Stanley FISCHER a été ces derniers temps très interventionniste sur les pratiques bancaires relatives à l’immobilier, en limitant règlementairement la part d’un achat pouvant être financée à crédit et en réduisant la proportion des emprunts à taux variables; il a donc estimé que ces mesures prudentielles étaient suffisantes pour limiter la hausse de l’immobilier. Il n’est d’ailleurs pas certain que les banques répercutent intégralement la baisse du taux directeur sur le niveau des emprunts immobiliers, car leur coût global de refinancement dépend aussi d’autres facteurs.

Enfin, la baisse du taux directeur devrait aussi limiter le coût de la dette publique. Ce point est appréciable, compte-tenu du fait que le déficit public devrait s’établir en 2012 à 3,7% du PIB, au lieu de 3,4%, et que l’objectif de le ramener à 1,5% en 2013 ne sera vraisemblablement pas tenu.

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A propos de l'auteur

Pierre Gonzva
Diplômé d'HEC, Pierre a commencé sa carrière dans l'audit, puis a travaillé pour différents courtiers sur les marchés financiers, où il a négocié actions, options et contrats à terme. Il dirige maintenant une société de services financiers. En parallèle, il enseigne pour des masters finance d'écoles de gestion parisiennes, sur des thèmes tels que la gestion monétaire et obligataire et les produits dérivés. Il anime un blog consacré à la finance : pierregonzva-finance.blogspot.fr/ Pour Silicon Wadi, il analysera les politiques monétaires et financières d'Israël, et fera le lien entre la high tech et l'économie