Nanofiltration : la technologie qui va désaltérer le désert

arava

Des chercheurs israéliens ont développé un système de dessalement de l’eau saumâtre par nanofiltration, généré seulement par le soleil. Les scientifiques de l’Institut Jacob Blaustein pour la recherche du désert de l’Université Ben Gourion du Néguev et du Centre Arava de recherche sur l’optimisation de l’eau à usage agricole ont développé un système autonome qui utilise l’énergie solaire pour purifier l’eau. Cette énergie verte alimente les pompes d’une unité de dessalement qui produit de l’eau potable ainsi que des eaux pour les cultures potagères.

Israël est un leader incontesté dans la fourniture d’usines de dessalement, d’équipement, de nouvelles technologies et de savoir-faire pour éliminer le sel de l’eau. Les technologies développées par la société israélienne IDE Technologies, par exemple, sont considérés comme l’état de l’art dans le domaine. Néanmoins, ce type de système nécessite des infrastructures modernes et demeure très coûteux. Il reste encore beaucoup à faire pour rendre les technologies de dessalement accessibles aux citoyens du monde les plus démunis, notamment dans les pays enclavés au Moyen-Orient et en Afrique.

La nouvelle innovation est maintenant opérationnelle sur un site d’essai de 1kmprès de Hatzeva dans la désert de l’Arava en Israël, au sud de la Mer morte. La seule source d’eau disponible aux agriculteurs de cette région aride est de l’eau saumâtre souterraine puisée dans les bassins aquifères. Les chercheurs se sont focalisés sur une solution technologique qui peut fonctionner avec différents niveaux de salinité d’eau, tout en assurant une haut niveau d’efficacité pour réduire le nombre de panneaux solaires très coûteux.

Dans les technologies filtrantes d’aujourd’hui (l’osmose inverse), les filtres non spécifiques de dessalement suppriment tous les minéraux de l’eau, qui doivent alors, être réintroduits selon les besoins. Le nouveau système inventé, utilise les membranes spéciales de nanofiltration qui produiront en grande quantité de l’eau d’irrigation de bonne qualité et ainsi permettant aux utilisateurs de décider quels minéraux doivent subsister dans l’eau et lesquels devraient en être extraits. 

Selon les chercheurs, la membrane spéciale leur permet d’économiser de l’énergie dans le pompage, tout en permettant à l’eau de conserver les minéraux fondamentaux aux cultures irriguées.

Dr Rami Messalem, un des chercheurs principaux du projet, explique que « l’osmose inverse est basée sur les membranes. La nouvelle technologie utilise des nanofiltres, qui permet d’utiliser une version lâche de l’osmose inverse, et par conséquent nous utilisons donc beaucoup moins d’énergie dans le processus, ». Messalem travaille dans l’entreprise de recherche de dessalement membranaire depuis les années 1960.

Jusqu’à présent, les usines de dessalement ont été démesurées pour les pays moins développés. Elles utilisent une énorme quantité d’électricité pour le fonctionnement et ont besoin d’être construite près du réseau électrique habituellement loin de leurs micro-fermes, qui composent une grande partie de l’agriculture des pays en développement.

Il y a eu certains projets ambitieux mis en place grâce à l’aide de panneaux solaires photovoltaïques, essentiellement pour tester de nouvelles technologies propres, des usines de dessalement, mais le coût de ces panneaux est encore trop élevé pour une utilisation répandue.

Jusqu’à présent, les résultats expérimentaux ont été extrêmement prometteurs. L’eau dessalée permet aux agriculteurs d’utiliser 25 % d’eau et d’engrais en moins. Dans les autres tests, l’eau traitée n’affecte pas le taux de croissance et la densité du rendement. Le rapport des chercheurs montre que les rendements de sorgho et le millet ont augmenté.

Aujourd’hui le projet est actuellement dans la phase d’appel aux investisseurs afin d’obtenir un demi-million de dollars pour construire la première usine pilote au monde qui utilisera la ethnologie de la nanofiltration. Ils visent à construire des usines sur mesure selon les besoins spécifiques des populations face à l’insécurité alimentaire.

Messalem conclut : « La percée ici était de rendre le système plus économique, et nous avons fait cela, intelligemment, à l’aide de la nanofiltration. Il faut moins d’énergie, et nous pouvons utiliser l’énergie solaire. Notre système est compatible avec l’électricité, mais repose sur la promesse qu’il peut être utilisé dans les pays en voie de développement, dans des endroits où vous n’avez pas une source d’électricité – comme un système autonome».

Si vous êtes intéressé par le projet et souhaitez communiquer avec le Dr Heltz, s’il vous plaît indiquer dans les commentaires ci-dessous…

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