L’arabe-israélien qui va libérer le monde de la dépendance sur les combustibles fossiles

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Huile d’olive, de colza ou de pépin de raisins, beurre frais, saindoux, margarine, graisse d’oie, huile de vidange, foie de canard, fond des friteuses, lèchefrites…Toute graisse est bonne à être transformée en biodiesel et …à faire rouler des dizaines de véhicules ! Le Dr Sobhi Basheer, arabe israélien diplômé de l’Université hébraïque de Jérusalem et dirigeant de la société TransBioDiesel a permis la commercialisation d’un enzyme qui devrait redonner espoir aux écologistes et aux automobilistes en ces temps d’envolée des cours du pétrole. Depuis dix ans on se demande quand viendra le temps où l’on cessera de puiser dans les energies fossiles pour faire rouler nos véhicules : la Start-up israélienne offre au monde une source d’énergie inépuisable et infinie pour les moteurs de demain.

A la question “qu’est-ce qu’un enzyme ?” Le Dr. Basheer répond : c’est protéine qui joue un rôle de catalyseur biologique (ou biocatalyseur). Un composé qui accélère ou ralentit une réaction chimique sans modifier le corps étudié. A l’instar de ceux contenus dans notre corps pour sélectionner les sucres, les vitamines.

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Imaginez…

Vous procédez à la vidange annuelle de votre voiture… après un an de loyaux services, votre douce automobile vous crache une bile affreusement noire, grasse et jonchée de débris ça-et-là. Dans 99,9% des cas, comment vous débarrasserez-vous de cette ordure ? Chaque année, des tonnes de combustibles fossiles usagés sont déversés dans les égouts de Paris et d’ailleurs, dans les fleuves et dans les océans, voire même, parfois, dans les fossés d’évacuation des eaux pluviales mis en place par les mairies. Incivisme, absence de sentiment écologique ? Nous sommes tous concernés. Mais tout peut encore changer : imaginez que vous collectiez chaque mois (et non chaque année, bon point pour votre auto !) dans de petits bidons toutes les huiles usagées de votre véhicule au lieu de les évacuer dans les égouts ou dans la nature. Vous enverriez ces bidons remplis de vieille huile de vidange à une usine Transbiodiesel… Et voilà votre vieille huile de vidange qui renait de ses cendres ! Mieux : après avoir pris conscience du potentiel de l’enzyme de la firme israélienne, pourquoi ne pas investir dans une usine spécialisée dans le recyclage d’huile usagée ?

Notre imagination peut aller encore très loin mais s’arrêtera au bout d’un moment. Cette enzyme, au contraire, défie totalement l’imagination.

Avant Transbiodiesel, les matières premières utilisées pour fabriquer du diesel étaient dangereuses, couteuses, et requéraient des tonnes d’eau et de chauffage… Les enzymes vendues par Transbiodiesel sont inoffensives pour l’homme (on peut les toucher sans que notre main soit détruite). Surtout, le cout des matières utilisées pour faire du diesel avec Transbiodiesel est extrêmement bas et on peut choisir celle que l’on souhaite convertir : du beurre, des légumes, de l’huile de soja, de tournesol, du gasoil usagé, de la graisse animale… Autre avantage, non moins spectaculaire : la production traditionnelle du biodiesel nécessitait un nettoyage à sec de l’huile formée, ce qui éliminait toute trace de glycérine contenue dans le biodiesel. Dans une production enzymatique, le taux de glycérine contenu dans le biodiesel est très élevé. Nous ne saurions omettre que la glycérine est le composant chimique à l’origine de nombreuses substances de la vie de tous les jours comme le sucre, la macération du vin, ou encore le savon.

Des enjeux politiques de taille

Déjà sur le marché mais encore peu utilisée aux niveaux gouvernementaux, l’enzyme du Dr. Sobhi Basheer risque bien de devenir la prochaine source d’énergie mondiale. Si cette technologie est une révolution environnementale, l’enjeu politique est de taille : Les règlementations européennes prévoient une augmentation de l’utilisation des biocarburants. L’Europe consomme plus de biodiesel que le continent américain qui privilégie, lui, le bioéthanol : le marché va donc s’ouvrir et se démocratiser, mais il faudra certainement être patient. Le groupe Total, fournisseur mondial en carburant, a renforcé sa branche technologique (recherche et développement) pour offrir de nouvelles alternatives à ses clients professionnels et au grand public. La RATP renouvelle depuis 1997 sa flotte d’autobus selon ces mêmes impératifs pour miser à l’avenir sur le biocarburant de seconde génération. A l’échelle mondiale, les perspectives sont donc prometteuses.

On pourrait même imaginer qu’une loi soit promulguée au niveau de chaque municipalité pour qu’une usine de collecte soit mise en place dans chaque ville. Et que chaque utilisateur de matières propres à être changées en biodiesel –garagiste, restaurateur, ménages- livre son huile usagée périodiquement, au lieu de s’en débarrasser dans les égouts. Cette usine fournirait alors la ville en carburant pour TOUS les véhicules… Finis les prix à la pompe exorbitants ou les scénarios funestes de pénurie. L’idée est utopiste mais réalisable.

Le Dr. Basheer, surnommé le “prince de l’enzyme”, a fondé en 1995 dans le Nord d’Israël « L’Institut de Recherche Appliquée ». L’Institut a pour objectif de développer et de renforcer la place de la communauté arabe israélienne dans les secteurs de la santé et de la protection de l’environnement. Des milliers de jeunes chercheurs arabes-israéliens y travaillent, en partenariat avec des laboratoires étrangers et des universités (surtout celle de Haïfa). C’est au cœur de ce vivier scientifique qu’est née en 2008 Transbiodiesel. A cette allure, nous espérons connaitre de nouvelles prouesses scientifiques ayant le potentiel de devenir des succès industriels. L’israélien avance toutefois que sa technologie biodiesel, qui résulte de plus de 23 ans de recherche, a été brevetée cinq fois. L’alliance stratégique et écologique… Pour un monde qui change.

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