10 raisons pour lesquelles Israël est un leader mondial dans la lutte contre la désertification

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Israël s’est forgé une réputation dans le monde entier grâce à sa capacité de transformer la terre stérile du désert en une terre arable et fertile. Ci-dessous les 10 « eco-strategies » du pays :

La mutation du climat noté l’an dernier ne serait qu’un avant-goût de ce qui nous attend : les climatologues prédisent une détérioration des conditions météorologiques du fait du réchauffement climatique qui commence tout juste à se faire sentir.

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Les prévisions météorologiques vont s’avérer de plus en plus imprévisibles avec notamment de fortes inondations ainsi qu’une grande sécheresse.

Israël étant en immense partie couvert par le désert, le pays se doit de développer rapidement des solutions pour combler son manque de terre arable et de ressources d’eau potable.

La recherche est donc très active dans ces domaines et l’innovation est prisée par tous les pays du globe victimes de conditions similaires.

« Nous avons fait beaucoup de recherches sur la réaction des écosystèmes à la sécheresse car nous rencontrons ce problème à même notre territoire » indique le Professeur Pedro Berliner, directeur du centre de recherche sur le désert de l’Institut Jacob Blaustein, à l’Université Ben Gourion dans le désert du Néguev.

Voici les 10 avancées majeures en matière de lutte contre la désertification (mise en avant des travaux réalisés par l’Institut Blaustein)

1. Se servir de méthodes ancestrales

 

Les habitants de la terre d’Israël depuis 2000 ans vivent au cœur du désert cherchant un moyen de survivre et de prospérer. Comment les Nabatéens ont pu construire une communauté durable qui a fournie des vivres et du bois de chauffage à ses habitants?

Citerne d’eau Nabatéen

Cette problématique constitue le champ de recherche du Professeur Berliner. Il a d’ailleurs développé une version revisitée et moderne du système de la collecte des eaux de crue utilisé par les Nabatéens. Son expertise en la matière lui a valu de voyager à travers le monde entier pour enseigner aux fermiers des pays comme le Kenya, le Turkménistan, l’Inde ou le Mexique, comment mettre en œuvre ce procédé.

Sa technique ne nécessite que de faibles moyens car elle consiste à rediriger les eaux de crue vers des parcelles entourées de digues (ou fosses creusées à la main), à l’intérieur desquelles on plante les arbres.

Il a néanmoins amélioré la méthode des Nabatéens : « avec notre système, nous ne plantons pas uniquement des arbres et créons des rangs de culture, nous ajoutons également une spécificité comme des arbres qui peuvent absorber l’azote atmosphérique grâce à leur système racinaire ».

La fertilité du sol est ainsi garantie à moindre coût, tout comme la viabilité du système à long terme.

2. Tirer le meilleur parti du soleil

 

Dans les pays développés, les gens continuent de couper les arbres pour le bois de chauffage : ce qui provoque la désertification (du fait du manque de végétation pour retenir les nutriments du sol). La pluie emporte la couche arable du sol et laisse derrière elle du sable.

Les progrès d’Israël dans les installations solaires peuvent permettre de remédier à la désertification en offrant une alternative propre et renouvelable au chauffage par le bois. Le Professeur David Faiman de l’Université Ben Gourion, avec la société israélienne Zenith Solar, a ainsi développés une cellule de concentrateur photovoltaïque (CPV), parfait pour les pays en développement confrontés à la déforestation. Il n’est par ailleurs qu’un des douzaines de chercheurs et entreprises en Israël à travailler sur le sujet.

« Israël aide le combat contre la désertification en utilisant l’énergie solaire comme réelle alternative à l’abattement traditionnel d’arbres pour créer du feu de bois »  explique Berliner.

3. Aider les poissons à nager dans le désert

 

Les vastes terres désertiques ne doivent pas être laissées à l’abandon, surtout lorsqu’on peut y pratiquer des cultures de grande valeur comme l’aquaculture.

Les professeurs Shmuel Appelbaum et Dina Zilber de l’Université Ben Gourion ont mis au point une technique parfaite pour élever du poisson dans le désert – les piscicultures désertiques.

Leur système utilise une faible quantité d’eau saumâtre – eau qui a une forte teneur en sel – et la pompe vers le haut des terres dans des bassins pour l’élevage des poissons marins. Ceci fournit une nouvelle source de protéines, et des revenus pour les habitants du désert. Dans certains déserts, les conditions sont également optimales pour l’élevage de poissons d’aquarium. Israël est d’ailleurs en train de récolter des espèces attrayantes pour les exporter vers l’Europe.

4. Les cultures de substitution dans le sable

 

Comme c’est le cas avec l’aquaculture, un certain nombre de cultures tolérant la sécheresse peuvent se développer sous le soleil brûlant du désert. Alimentées avec de l’eau, les algues saumâtres (ou de mauvaise qualité), utilisables pour les biocarburants notamment peuvent être cultivées.

Plusieurs entreprises israéliennes et instituts de recherche travaillent à créer un environnement optimal pour ce micro-organisme à base de plantes tout comme ils développent la recherche génétique cherchant à transformer les algues qui contiennent plus de lipides en biocarburant.

L’Université Ben Gourion, l’Institut Weizmann et le l’Institut de Technologie Technion en Israël ont d’ailleurs uni leurs forces afin d’accélérer la recherche. Pendant ce temps, des entreprises comme Seambiotics ont déjà commercialisé des produits venant tout droit du désert.

D’autres cultures de substitution existent dans le désert israélien et comprennent la culture d’araganier (pour son huile précieuse). Israël dispose également d’un programme national pour l’irrigation des oliveraies avec de l’eau saumâtre. “Il fonctionne bien et c’est certainement le seul endroit où cela se fait,” dit Berliner.

5. La construction « Green »

 

Si Israël est connu pour son expertise dans la construction de maisons adaptées au désert, c’est parce que les plans de ces maisons ont été conçus et testés dans le désert, par l’Institut Blaustein.

L’architecture de l’école et l’unité de planification urbaine se concentre sur les maisons qui ne nécessitent pas de climatisation, même pendant la journée quand la chaleur est plus intense.

Isaac Meir, éco-architecte de l’UniversitéBen Gurion s’est d’ailleurs spécialisé dans l’architecture à basse énergie (« passive low-energy architecture » ou PLEA) pour les climats chauds et arides. Des facteurs tels que la direction du vent, les angles du soleil et les températures quotidiennes sont prises en compte. Un de ses dessins les plus remarquables est le Centre International Blaustein d’Etudes du désert en kibboutz Sde Boker.

Meir a notamment co-écrit un ouvrage sur le sujet qui a attiré l’attention au niveau international: Climate Responsive Architecture – A Design Handbook for Energy Efficient Building.

6. L’irrigation goutte à goutte

 

La capacité d’Israël à faire fleurir le désert vient notamment de la technique d’irrigation goutte à goutte mais aussi des entreprises qui en ont fait le meilleur conseiller des agriculteurs dans les pays chauds et secs. On peut par exemple citer Plastro, Netafim et NaanDan Jain. Contrairement à la plupart des innovations en Israël qui commencent en laboratoires ou instituts de recherche, l’irrigation goutte à goutte moderne a été développée sur le terrain par les agriculteurs eux-mêmes. Cette technique est largement utilisée à travers le pays pour obtenir de meilleures récoltes en utilisant le moins d’eau possible. Son succès a d’ailleurs contribué à transmettre ce savoir-faire à d’autres pays via le Centre International pour la Coopération du Ministère des Affaires étrangères.

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7. Les racines de la recherche

 

L’Institut Volcani pour la recherche agricole du ministère israélien de l’Agriculture est connu pour produire des variants génétiques qui permettent des rendements de bonnes qualités dans des conditions plus que défavorables. Les scientifiques du centre ont non seulement étudié la résistance des plantes à la sécheresse mais également de nouvelles variétés de légumes et de fruits pour obtenir le rendement maximum de produit par volume d’eau utilisé. Cela permet aux agriculteurs israéliens d’ouvrir un large marché pour leurs marchandises.

Le centre a également effectué des recherches remarquables sur les souches anciennes de blé, tels que la variété amidonnier mangé pendant les temps bibliques, ainsi que la résistance aux ravageurs et aux méthodes de lutte biologique qui utilisent moins de ressources et de produits chimiques.

Indépendamment du centre Volcani, on trouve la faculté d’agriculture de l’Université hébraïque de Jérusalem. Les scientifiques y ont fait un travail incroyable, notamment sur l’amélioration de tomates israéliennes.

8. Boisement

 

La plantation d’arbres peut inverser la désertification en soutenant la terre et contribuer à créer un cycle de nutriments qui nourrissent le sol.

Israël est le seul pays  au cours des 100 dernières années à constater une augmentation du nombre de ses arbres. Le don d’argent chaque année pour planter des arbres via le Fond KKL – Karen Kayemeth Le Israel, est une priorité pour la communauté juive du monde entier. KKL mène également des recherches pour comprendre les meilleures conditions dans lesquelles les arbres évoluent (zones les plus tempérées comme la région de la Galilée).

9. Les danseurs de la pluie

 

Dans les années 1950, le gouvernement israélien, dirigé alors par Golda Meir fonda MASHAV afin de partager l’expertise d’Israël dans le domaine de l’agriculture du désert. MASHAV offre une variété de programmes, mais est surtout connu pour ses séminaires de formation en Israël et également en Afrique, Amérique du Sud, Moyen-Orient, en Chine ou en Inde. Ces séminaires concernent les techniques de gestion des effets de serre ou d’irrigation pour la pisciculture. La TIPA, programme parrainé par le MASHAV a aidé jusqu’ici plus de 700 familles d’agriculteurs sénégalais à gagner leur vie grâce à l’irrigation au goutte à goutte.

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10. La gestion des eaux usées

 

La quasi-totalité des réussites d’Israël énumérées ci-dessus reposent sur le fait qu’Israël a pu exceller dans la gestion des eaux usées sur une échelle incomparable avec aucun autre pays. 50% de l’eau utilisée pour l’irrigation provient des eaux usées recyclées et première mondiale en matière de gestion des eaux usées selon la division des Nations Unies pour le développement durable UNDSD.

Le pays qui se rapproche le plus du niveau d’Israël dans la réutilisation de l’eau est l’Espagne, qui réutilise environ 20% seulement de ses ressources liquides.

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