Opportunité ? les lacunes des Start-ups israéliennes montrées du doigt

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Si la réussite du marché High Tech israélien n’est plus à démontrer. Depuis quelques mois, on entend ici et là de sévères critiques sur la maturité de certains dirigeants de start-ups qui par manque d’expérience ou par impatience provoquent de véritables erreurs stratégiques.  

Cette année, plus d’une douzaine de sociétés israéliennes ont été vendues pour plus de 3 milliards de dollars. Un chiffre qui parait considérable mais qui pourrait être selon Israël Makov, beaucoup plus important.

Une impatience qui coûte des milliards

L’ancien directeur de Teva, le plus grand fabricant de médicaments génériques dans le monde, estime que les start-ups israéliennes se vendent bien trop tôt : “Les start-ups sont la plus grande ressource pour l’économie nationale, il est merveilleux que certaines d’entre elles réussissent. Mais beaucoup sont vendues à leur première étape au point le plus bas dans la chaîne de valeur.”

Pour démontrer ce qu’il avance, Israël Makov, donne l’exemple de l’entreprise NDS, un développeur de solutions de télévision payante, qui a été vendue en 1992 pour 15 millions de dollars à la société Rupert Murdoch. 20 ans plus tard, NDS sera revendue pour 5 milliards dollars. Il ajoute : “Je crains que la situation actuelle n’est pas durable pour l’économie israélienne. Nous avons quelques 3600 entreprises dans notre secteur high-tech et selon le centre de recherches Israel Venture Capital, seulement 1 % d’entre elles ont des revenus annuels de plus de 100 millions de dollars. Seulement 9% ont des ventes annuelles de 10 millions de dollars, ce qui laisse 90 % start-ups qui ont de faibles revenus voire aucun revenu.”

Makov explique qu’il est indispensable de maintenir les entreprises sur le sol israélien : “nous avons besoin d’un certain nombre de grandes sociétés de technologie pour créer des emplois et rester concurrentielle sur les marchés mondiaux.”

Enfin, il craint que la pénurie de grandes entreprises en Israël encourage les jeunes professionnels talentueux du pays à rechercher des opportunités à l’étranger.

Un viol pour vendre de la technologie, une grave erreur !

Dernièrement, la start-up israélienne Mycheck a voulu créer le buzz sur internet pour le lancement de sa nouvelle application mobile.

Quelques jours avant la sortie de l’application aux Etats-Unis et en Angleterre, Mycheck a publié une vidéo promotionnelle sur Youtube ou l’on voit le célèbre mannequin Bar Refaeli victime d’un viol dans une cuisine d’un restaurant, après s’être fait droguer par le serveur.

La vidéo provoque un véritable tollé et oblige le directeur à supprimer la scène. Il s’excusera publiquement quelques jours plus tard.

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Cette vidéo prouve malheureusement que les Israéliens peuvent être brillants sur le côté technique, mais qu’ils ne sont pas capables de tenir un couteau et une fourchette en société“, a déclaré Matthew Kalman, du MIT Technology Review.

«C’est ce genre d’erreurs qui peuvent couler les entreprises israéliennes qui possède une grande technologie, mais ne comprennent ni la mentalité ni la culture de leurs clients étrangers», a ajouté Kalman. “En utilisant des images de viol et de drogue pour vendre un produit est tout simplement inacceptable dans la plupart des sociétés développées et cela devrait le cas être en Israël.”

La France et ses nombreuses sociétés bien implantées et expérimentées, qui manquent parfois de folie, devraient trouver une complémentarité avec ces start-ups israéliennes qui des fois, en ont un peu trop. 

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A propos de l'auteur

Zoé Kauffman
Diplômée d'une école de journalisme, Zoé a travaillé comme reporter en radio, puis à la présentation de la matinale ( actualités quotidiennes et chroniques hebdo sur le high tech) dans le sud de la France. Dés 2010, elle a commencé à écrire pour la presse israélienne francophone. Installée en Israël depuis, elle travaille pour la presse écrite et s'intéresse aux innovations scientifiques, à l'environnement, aux entreprises qui investissent dans le développement durable et les nouvelles technologies.