Les drones, les nouveaux as de l’aviation israélienne!

Le Heron, le drone d'IAI capable d'emporter une charge de 250kg pendant plus de 50 heures de vol
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Les pilotes israéliens seraient-ils une espèce en voie de disparition? A voir la croissance exponentielle du développement des drones en Israël, on pourrait légitimement se poser la question. Présent dans ce secteur depuis plus de trente ans, Israël a en effet acquis un savoir-faire incomparable, qui lui permet de proposer une offre bien plus diversifiée qu’on ne pourrait l’imaginer…

L’idée de faire voler des aéronefs sans pilotes ne date pas d’hier. Des premiers missiles aux maquettes téléguidées, les passionnés d’aéronautique ont très tôt développé leur capacité à piloter des appareils volants à distance. La première apparition de tels engins sur le théâtre d’opérations militaires remonte à la fin de la guerre du Vietnam, dans le but de réduire les pertes ou les captures de pilotes américains.

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L’armée israélienne montre dès la même époque un intérêt particulier pour ce type de technologie. Si la Guerre des 6 jours fut un effet un “sans-faute” du côté aérien, la Guerre du Kippour fut autrement plus difficile, en raison des missiles sol-air russes livrés aux armées syriennes et égyptiennes, qui provoquèrent d’importantes pertes coté israélien. Les premiers drones israéliens, dévoilés lors du Salon du Bourget 1979, font leur baptême du feu lors de la Guerre du Liban, en juin 1982. Conçus par IAI, les premiers Mazlat (petits avions sans pilote)  , Appelés aussi Scout, sont destinés à la reconnaissance aérienne photographique.

Personne ne prête alors attention à ces machines qui font plus penser à de grosses maquettes qu’à des engins de guerre. Et pourtant, comme c’est souvent le cas, Israël fait alors preuve d’une rare vision stratégique en matière de défense.

En effet, le pilotage d’engins aériens par des êtres humains, aussi bien formés soient-il, présente  plusieurs inconvénients, auxquels les drones pallient naturellement:

  • Le coût humain, tout d’abord. Un pilote doit être formé, de longues heures, au prix d’une sélection stricte. Sa capture pose d’épineux problèmes à la fois moraux et politiques. Un appareil sans pilote, une fois abattu ou capturé, ne pose de problèmes qu’économiques ou technologiques (s’il est récupéré en état de fonctionnement)
  • Tout être humain, aussi athlétique soit-il, ne peut supporter des efforts physiques au-delà de certaines limites, alors qu’un appareil sans pilote peut supporter des conditions de vitesses ou d’accélérations variées, sans broncher.
L’utilisation de drones pose cependant des soucis qu’il faut bien résoudre. Un drone – ou UAV en anglais, pour Unmanned aerial vehicle – se pilote, en réalité, à distance. Chaque drone dispose de son poste de pilotage à partir duquel un opérateur humain, moins exposé qu’un véritable pilote en vol, peut diriger son appareil, et contrôler son équipement.
 
De fait, on distingue plusieurs types de drones, en fonction de multiples critères:
  • l’altitude à laquelle il peut évoluer, moyenne (5 à 15km) ou haute (au-delà de 15km)
  • son endurance, qui spécifie la durée maximale d’un vol (de 20 à 50 heures)
  • sa taille
  • son caractère furtif ou non
  • le type de missions auxquelles il peut participer: reconnaissance, ciblage, voire combat
  • la charge qu’il peut emporter
Des dénominations comme MALE (Medium Altitude Long Endurance) ou HALE (High Altitude Long Endurance) ont fait leur apparition pour classer plus simplement les différents types de drones.
 
Si de nombreux pays ont lancé des programmes de fabrication de drones, les Etats-Unis et Israël restent très largement en tête de ce marché. L’offre des industriels israéliens est assez large, et représente un volume de ventes de l’ordre de 3,5Mds$, dont un quart pour les besoins du marché intérieur israélien, comme l’explique ce reportage récemment diffusé sur CNN.

 

L’offre de drones israéliens comprend plusieurs modèles, principalement produits par IAI, Elbit Systems ou EMIT.

  • La gamme de drones développée par IAI comprend:
    • Le Heron est un MALE, d’une endurance d’une cinquantaine d’heures, pouvant emporter plusieurs types de charges. C’est un peu la “jeep” du drone.
    • Le Panther est un drones hélicoptère
    • Le Bird Eye est un petit drone (mini UAV) économiquement plus abordable, pour des missions de reconnaissances
    • Le Mosquito est un drone miniature (micro UAV) pour des missions de reconnaissance de 60 minutes maximum, sur un territoire d’1km2
    • IAI complète son offre avec des stations au sol, des personnalisation pour la marine, et bien entendu, des modèles de drones bons marchés correspondant à des modèles technologiquement dépassés (mais toujours utiles sur certains théâtres d’opération)
  • La gamme de drones développés par Elbit Systems comprend:
    • Le Hermes, décliné en 3 versions: un MALE multirôle, un MALE tactique et une version low-cost
    • Le Skylark, opérable par des unités de combat autonomes.

Quel est l’avenir pour les drones israéliens? Contrairement aux programmes américains ou européens, qui se focalisent sur des drones de combat dont les performances rivaliseraient avec les appareils de combat les plus sophistiqués, il semblerait que les efforts se portent vers la miniaturisation, et le perfectionnement des éléments embarqués, notamment les caméras, véritables yeux capables de distinguer un stylo d’un revolver à plusieurs kilomètres de distance.

Si vous êtes à Paris en juin prochain, allez donc faire un tour au Salon du Bourget (le fameux Paris Air Show), et découvrir les stands où sont présentés les drones israéliens, vous ne serez pas déçus!

 

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