Objectif Lune : Space IL veut faire d’Israel la troisième puissance spatiale

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Jusqu’à présent, seuls deux pays au monde ont réussi à poser un vaisseau spatial sur la Lune: les Etats-Unis, avec le programme Apollo, et la Russie, avec le programme Luna. Mais un projet israélien risque bien de faire entrer un troisième larron dans la course à la conquête lunaire: Space IL, un ambitieux projet de véhicule lunaire capable de se poser et de diffuser photos et vidéos vers la Terre. La version israélienne d’Objectif Lune?

Space IL n’est ni une Start-up, ni un programme national, ni une entreprise, mais une organisation à but non lucratif. C’est avant tout un programme scientifique à portée éducative. Il s’inscrit dans le cadre du projet un peu fou lancé par Google, le fameux Google Lunar Xprize, qui vise à poursuivre le programme de conquête spatiale en dehors de tout programme national. Une vingtaine d’équipes internationales, majoritairement américaines (mais quelques français y participent) se sont déjà portées volontaires, et Space IL en fait partie. La compétition est dotée de 30 millions de dollars, dont 20 pour le premier projet qui réussira à faire alunir un module capable d’émettre des photos et des vidéos vers la Terre. Concrètement, le véhicule lunaire conçu par Space IL est une sorte de gros smartphone, doté de propulseurs pour lui permettre de se diriger vers la Lune une fois qu’il aura été éjecté de son lanceur, puis de se poser en douceur sur la Lune, et enfin, d’émettre des contenus multimédia vers sa station de commande.

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]http://www.youtube.com/watch?v=-McJ2P-QoIo[/youtube]

Le parallèle avec un smartphone est on ne peut plus imagé: il s’agit bien d’être capable de diffuser photos et vidéos pour prouver, si besoin était, la réussite du projet. C’est ce qu’expliquent parfaitement l’équipe en charge de ce projet dans la vidéo de présentation, filmée le jour où Space IL a obtenu l’agrément du projet Google.

Bien entendu, le projet ne dispose pas des moyens financiers qui lui permettraient de lancer son propre satellite tout seul: le budget global est estimé à 8 millions de dollars, pour une équipe d’une trentaine d’ingénieurs et chercheurs. On est loin des milliards engloutis dans les programmes spatiaux de la NASA ou de l’Agence Spatiale Européenne… Il va donc falloir faire preuve d’imagination et de débrouillardise.

  • Le satellite, d’abord, ne sera pas un gros satellite, mais un micro satellite, afin de faire de “l’auto-stop” lors du lancement d’un satellite commercial (ou militaire) de taille plus imposante. Ca tombe bien, Israël a développé des compétences reconnues dans les technologies de micro-satellites, depuis une vingtaine d’année déjà. 
  • Le programme se focalisera sur ce qu’on attend de lui, à savoir se poser et émettre. C’est bien donc à des technologies se rapprochant de celles de la téléphonie mobile qu’on fera appel, et ça tombe bien aussi, Israël dispose de compétences dans ce domaine également.

]http://www.youtube.com/watch?v=qeQx28fqB0Q[/youtube]
 
L’équipe d’une trentaine de personne, sous la direction de Yariv Bash, Kfir Damari et Yonatan Winetraub, a obtenu le support de nombreuses entreprises et universités: Israeli Space Agency, Israeli Aerospace Industry, Elbit Systems, Aeronautics, Plasan,  l’Institut Asher Space Research du Technion, l’Université de Tel-Aviv, l’Université Ben Gourion, le Centre Interdisciplinaire de Herzliya (IDC), la Fondation Ramon (du nom du spationaute israélien mort à bord de la navette spatiale), l’Association Israélienne de Nano-Satellite, … 

La portée du projet Space IL va bien au-delà de la compétition organisée par Google. C’est à la fois projet éducatif, et un projet d’envergure nationale.

  • Un projet éducatif. Les Etats-Unis ont montré il y a 40 ans comment le programme spatial et ses différents avatars – programme Apollo, navette spatiale – ont mobilisé , motivé, encouragé des milliers de jeunes ingénieurs à se consacrer à la recherche dans divers domaines scientifiques en rapport avec les différentes facettes d’un tel projet: aéronautique, électronique, informatique, biologie, astrophysique, nano-technologies, les Américains (out comme les Russes d’ailleurs) ont probablement tiré leur leadership technologique de tels programmes.
  • Un projet d’envergure nationale. L’ambition qui porte les fondateurs du projet Space IL, c’est bel et bien de faire d’Israël une “puissance spatiale”, le troisième pays seulement à poser son drapeau sur la Lune. Le symbole est immense, mais simple à comprendre et à communiquer. Il suscite un immense enthousiasme, et montrerait, une fois encore, comment un petit projet, mené par une petite équipe, dans un tout petit pays, peut avoir une portée immense…

]http://www.youtube.com/watch?v=O5HI4HIVej8[/youtube]

Pour suivre et soutenir le projet Space IL, vous pouvez d’ores et déjà rejoindre la communauté des fans Facebook, et suivre toute l’actualité. En attendant la date du lancement, qui a pris un peu de retard sur la date initialement prévue (décembre 2012…)”…

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