Stanley Fischer, un patron de banque centrale que le monde entier a envié à Israël

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Stanley Fischer, directeur de la banque d’Israël (BoI) a annoncé mardi 29 janvier sa démission qui prendra effet le 30 Juin prochain. Il écourte ainsi son mandat de cinq ans qui devait s’achevait en 2015. L’indice TA-25 chutait immédiatement de 1%. La BoI devra désormais poursuivre dans la lignée de la direction de l’un des plus grand économiste de ce 21ieme siècle.

Le Professeur Fischer, né en 1943, est un macro-économiste reconnu mondialement, diplômé de LSE (London School of economics) puis du MIT (Massachusetts Institute of Technology) où il a enseigné onze ans. Il est l’auteur de plusieurs ouvrages de référence en économie, étudié mondialement dans les cursus économiques notamment pour sa théorie sur les contrats croises.

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En 1988, il est promus vice président du département des sciences économiques pour la Banque mondiale puis en 1994, il occupera les fonctions de premier directeur général du FMI (Fond Monétaire International). Enfin, entre 2002 et 2005 il sera Vice président de Citi group avant d’être nommé en 2005 par le premier ministre Israélien Ariel Sharon et le ministre des finances Benjamin Netanyahou à la tête de la BoI.

Malgré son libéralisme, Il a su restaurer le calme monétaire maniant d’une main de maître les outils interventionnistes de la politique économique (Quantitative Easing). Fischer conjugue habilement maitrise inflationniste et maintien de la croissance.

Ainsi grâce à l’augmentation des réserves en dollars américains et la politique d’achat de dette long terme, Fischer a su protéger l’économie israélienne du risque de la contagion de la crise des subprimes américaine. C’est d’ailleurs sur cette performance que le prestigieux site de publication mondiale de la banque et la finance Euromoney lui desservira le prix international du banquier de l’année 2010.

Après la chute de Lehman Brothers, Stanley Fischer a mené une politique de change protégeant la compétitivité israélienne à l’exportation en maintenant un shekel bas grâce à des rachats programmés massifs de dollar américain.

Puis le 6 Octobre 2008, Fischer baissait le taux directeur, un jour avant la baisse cordonnée des taux menée par ses homologues américains, anglais et européens. Cette action lui confère entre autre selon les dires d’Euromoney un statut de “devin” dont les déclarations sont écoutées mondialement. En Avril 2009, Fischer abaisse ses taux à leur niveau historiquement bas, s’engageant dans une politique agressive de relance de l’économie par le coût du crédit.

En Avril 2009, les taux directeur atteignent 0.5%, le cout du crédit est historiquement bas

En Avril 2009, les taux directeur atteignent 0.5%, le
cout du crédit est historiquement bas

Enfin, en Janvier 2012, Fischer renouvelle la baisse du taux directeur, il tranche à juste titre sur le débat entre les craintes sur la croissance et celles sur l’inflation, en faveur de la croissance.

Stanley Fischer a permis à Israël de gagner une grande crédibilité économique mondiale, favorisant les investissements étrangers, mais aussi permettant à l’état hébreux de bénéficier de bonnes notes de crédit, bêtes noires actuelles de nos états européens, ainsi en Avril 2011, Moodys félicite Israël en relevant sa note de crédit à A1.

Ses qualités ont été tellement reconnues par la communauté financière internationale, qu’il avait été pressenti un temps pour diriger le FMI. Il avait hélas dépassé l’âge maximum fixé.

Mais plus généralement, cet économiste a relevé le défi de conduire une stabilité économique et ce malgré les crises géopolitiques auxquelles Israel doit régulièrement faire face. Il clôture ainsi huit ans de succès où selon le prix nobel d’économie Robert Solow, “Stanley Fischer a transformé la BoI en une banque centrale exemplaire”.

Selon ses dires lors de la conférence de presse de ce mercredi 30 janvier, il quitte la direction de la BoI serein avec le sentiment d’avoir accompli toutes les tâches qu’il lui étaient incombées. Il s’est fixé entre autre, pour honorer sa dernière mission, de faire voter le budget auprès du nouveau gouvernement avant son départ du 30 Juin prochain. Il estime que le prochain gouvernement devra impérativement effectuer des coupes budgétaires afin de réduire le déficit de 39 milliards de shekel (7,73 Milliards d’ EUR).

Quant à la crise de l’immobilier, Fischer estime avoir mis en place les outils nécessaires pour reguler la demande du marché, Il incite le gouvernement Israélien à réaliser sa part du travail du coté de l’offre afin de veiller à une croissance des mises en chantier, qui seraient dernièrement passées sous la barre des 30 000 par an.

Toute la question reste celle de la pérennité de cette stabilité quand Stanley Fischer ne sera plus à la tête la BoI. Comme l’affirme R. Solow, c’est une perte immense pour la communauté des banques centrales. Relever le défi de sa succession ne sera pas aisé !

 

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