Révolution médicale israélienne: vers un diagnostic précoce du cancer du poumon

Featured Video Play Icon
Shares

Une invention israélienne permettant de détecter le cancer du poumon de manière non-invasive à partir de l’air expiré sera bientôt commercialisée en joint-venture (coentreprise) entre le célèbre Institut de Technologie israélien, le Technion et Alpha Szenszor, un fabricant basé à Boston aux Etats-Unis, spécialisé dans les détecteurs à base de  nanotubes de carbone.

Le professeur du Technion, Hossam Haick travaille depuis 2007, sur le “Na-Nose” (nano-nez électronique ) permettant de donner une lecture instantanée de la présence et de l’avancée d’un cancer (même dans les premiers stades). Il a été prouvé dans de nombreux essais cliniques internationaux que cet appareil permet de différencier les types et les classifications de cancer, jusqu’à à 95% d’exactitude.

Soyez informés en temps réel ! Suivez-nous sur...

Follows

Les patients expirent dans un tube et le “Na-Nose” analyse plus de 1000 gaz différents contenus dans le souffle afin d’identifier ceux qui peuvent indiquer une anomalie cancéreuse . L’appareil agit en reliant ces différents gaz à des nano-matériaux spécifiques.

La percée technologique est significative, car il n’existe actuellement aucun moyen disponible dans le commerce pour le dépistage précoce du cancer du poumon. Des technologies d’imagerie coûteuses et encombrantes (telle que la Tomodensitométrie, dite aussi scanographie) sont utilisées seulement si un patient se plaint de symptômes (il est généralement trop tard) ou pour un petit groupe de personnes à risque élevé, la plupart des fumeurs de longue durée. Il est nécessaire de préciser que des biopsies de tumeurs, en cas de besoin, sont par nature invasives.

“Na-Nose” pourrait potentiellement changer la réalité actuelle, selon laquelle recevoir un diagnostic de cancer du poumon est très souvent une condamnation à mort. 85 % des personnes atteintes de cette forme particulièrement pernicieuse de cancer ne survivent pas plus de cinq ans.

“Na-Nose” : du laboratoire vers la commercialisation

Jusqu’à présent, l’innovation du professeur Hossam Haick pouvait être uniquement utilisée dans un environnement de laboratoire, explique Steve Lerner, PDG d’Alpha Szenszor, le partenaire américain  Cette collaboration va permettre d’accélérer considérablement la production d’un appareil manufacturable et commercialisable dans un délai de deux à trois ans.

Le professeur Hossam Haick et Steve Lerner sont convaincus du fait que chaque médecin devrait pouvoir disposer d’un format de poche du “Na-Nose”, dans son cabinet médical, pour le faible coût de 10 dollars. Le dispositif initial sera beaucoup plus cher, environ 10 000 dollars l’unité, ce qui limite son achat aux grands hôpitaux et cliniques. Cela demeure  cependant, beaucoup moins cher qu’une machine d’imagerie médicale  CT (computed tomography soit tomographie par ordinateur).

L’ambition des deux hommes va plus loin puisque Steve Lerner anticipe le jour où la nanotechnologie “Na-Nose” sera intégrée aux smartphones et tablettes, permettant ainsi au gens de connecter un tube à leur iPad et d’effectuer eux-même le dépistage du cancer du poumon à la maison.

L’objectif initial de la joint-venture est de pouvoir détecter le cancer du poumon, mais les  possibilités sont beaucoup plus étendues. L’équipe du docteur Hossam Haick a réussi à élargir l’éventail des maladies détectables par l’appareil. La sclérose en plaques, la maladie de Parkinson et d’autres types de cancer, y compris le cancer du sein, de la prostate et de l’estomac, peuvent-être détectés à des niveaux comparables de précision.

Alpha Szenszor est sans doute le partenaire idéal pour conduire l’appareil “Na-Nose” vers sa commercialisation car l’entreprise possède une forte expérience dans la fabrication de  détecteurs à base de  nanotubes de carbone. Steve Lerner a précisé: “Le Technion et le professeur Haick ont passé en revue tous les travaux d’ingénierie et ont accéléré considérablement notre chemin. Ils ont également fait avancer la communauté médicale.

Une duplication du “chien renifleur”

Si Steve Lerner représente la force de fabrication, le professeur Haick est clairement le “cerveau” scientifique de “Na-Nose”. Membre du corps professoral du Russell Berrie Nanotechnology Institute (RBNI) situé à Haïfa et professeur du département de génie chimique du Technion, il a suivi son inspiration d’appliquer son expérience en matière de chimie à la détection de maladies, après avoir lu que les chiens pouvaient flairer certains types de cancer.

“Na-Nose” cherche explicitement à reproduire par le biais de la technologie, cette capacité de détection que possèdent les chiens. Le professeur Haick ajoute que les études faites sur les chiens montrent qu’ils n’ont aucun moyen de communiquer efficacement ce qu’ils parviennent à flairer, et qu’il n’est pas possible d’emmener les chiens dans un milieu hospitalier en raison de questions d’hygiènes.

Le dispositif de détection “Na-Nose” peut-être utilisé à trois stades de la maladie. Le premier, et le plus important, permet le dépistage avancé. Plus le cancer est détecté tôt, plus le taux de survie est important. Le second stade permet d’établir un diagnostic détaillé et d’assurer la surveillance pendant le traitement du cancer, une analyse simple du souffle signifie moins de rayonnements ou moins de biopsies. Et enfin, “Na-Nose” peut-être utilisé après un traitement réussi, pour surveiller tous signes relatifs à une rémission du cancer.

Le professeur Haick, âgé de seulement 37 ans, est en quelque sorte une “superstar” scientifique israélienne. Né et élevé dans la ville arabe chrétienne de Nazareth, il figurait sur la liste des 50 israéliens de premier plan, en 2007,  établie par le quotidien israélien Yedioth Ahronoth; il figure également sur la liste des 35 jeunes leaders scientifiques, en 2008, du Massachusetts Institut of Technology Review. En 2010, il a été nommé parmi les 10  jeunes scientifiques israéliens les plus prometteurs par le quotidien économique israélien Calcalist, et l’un des jeunes Israéliens de l’année par le journal israélien, Jerusalem Post.

Le marché des appareils de diagnostic du cancer est estimé à 7,9 milliards de dollars et le marché mondial des dispositifs de diagnostics médicaux s’élève à plus de 40 milliards de dollars. Chaque année, 1,6 millions de personnes dans le monde se voient diagnostiquer un cancer du poumon.

Avec le temps, “Na-Nose” deviendra un appareil plus “intelligent” et de nouveaux traitements médicaux vont suivre. Le professeur Haick travaille, par exemple, sur la possibilité de relier la détection du cancer du poumon à l’analyse des mutations génétiques. Selon le professeur Haick, “cela est très important” car “beaucoup de gens atteints de cancers du poumon similaires, qui vivent dans un même environnement et reçoivent le même traitement, ne répondent pas de la même manière. Nous attribuons cela à des mutations génétiques”.

Shares

Commenter cet article

commentaire(s) jusqu’à présent. Ajouter le votre...

Abonnez-vous à notre newsletter

Rejoignez nos 2 543 abonnés et recevez nos derniers articles directement sur votre e-mail.