Une percée médicale israélienne : traitement des fractures par des cellules souches

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Un article publié récemment dans la prestigieuse revue médicale ‘Molecular Therapy‘ apporte la confirmation scientifique selon laquelle le traitement par cellules souches de fractures graves réduit de façon considérable leur durée de guérison.

Cet article est le fruit d’une recherche conduite pendant ces quatre dernières années par les médecins du Département d’Orthopédie du CHU Hadassah de Jérusalem sous la direction du Prof. Meir Liebergall.

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“Le processus entamé il y a quinze ans nous a conduit à effectuer un essai clinique, le premier de ce genre, sur 24 patients souffrant de graves fractures dans la région du bassin et des hanches, et soignés au CHU Hadassah”, dit le Prof. Liebergall. “Cette recherche constitue une percée médicale. Sa publication conduira à une révision des principes guidant le traitement des fractures dont la guérison s’avère difficile. Le défi auquel nous devons faire face aujourd’hui est de chercher à mieux comprendre le processus de guérison et son mécanisme”.

L’essai clinique lancé il y a quatre ans dans le Département d’Orthopédie du CHU Hadassah de Jérusalem, porte sur des fractures à guérison lente, et met à profit le système sanguin et celui de la moelle osseuse. Le traitement se fonde sur le prélèvement de cellules souches dans la région du bassin relativement proche de la lésion. Après isolation et traitement en laboratoire, ces cellules sont réinjectées à l’endroit de la fracture pour réparer l’os lésé.

Certains cas de fractures décrits dans la littérature médicale nécessitent une intervention chirurgicale et leur durée de guérison peut parfois être très longue. Il arrive également que ces fractures ne se consolident pas, ce qui implique de réopérer. A cela, diverses raisons: les unes liées au mécanisme interne de la lésion, d’autres à la structure anatomique du site de la fracture. Par exemple, la partie inférieure du tibia, incluse dans cette étude, se caractérise par une fine couche de tissu musculaire et de soutien osseux, ainsi que d’un approvisionnement sanguin réduit, et tout cela concourt à rendre le rétablissement plus difficile.

Ce traitement innovant est basé sur l’utilisation de cellules souches mésenchymateuses potentiellement ostéoblastes, d’où leur importance dans le processus de préservation de la qualité osseuse et de la guérison des fractures.

Un mois après l’opération initiale, et suite à un examen du patient et de la région traitée, ce dernier subit une courte intervention médicale, sous anesthésie locale ou généralisée, au cours de laquelle 50 mL de moelle osseuse et 100 mL de sang sont extraits de la région du bassin. Comme il est convenu de le faire dans le cas des greffes de moelle osseuse, le patient retourne au département, la moelle osseuse et le sang sont transférés en laboratoire. On isole alors les cellules souches mésenchymateuses de la moelle osseuse et les plaquettes, de l’échantillon sanguin. Le patient retourne ensuite en salle d’opération et le chirurgien lui injecte un “cocktail” composé de cellules souches, plaquettes sanguines et poudre protéinée (diverses protéines favorisant la croissance de l’os). L’incision pratiquée est petite et l’injection est dirigée dans la région de la fracture. Selon les spécialistes, cette procédure raccourcira le processus de rétablissement de 6-12 à 2-3 mois. Les résultats de cette recherche montrent que les patients peuvent ainsi revenir à la normale et retrouver toutes leurs capacités motrices au plus vite. Ils ont également des répercussions économiques, de par la réduction des jours de congé maladie. Enfin, ils ouvrent la voie à des recherches ultérieures sur les processus de guérison tissulaires basés sur l’utilisation de mécanismes cellulaires complexes.

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