United Airlines commande 200 avions électriques à décollage vertical

Le succès des drones électriques sans équipage au cours des deux dernières décennies a amené certaines personnes à se demander si des techniques de construction similaires à celles utilisées pour les drones pourraient être employées pour créer de petits avions électriques destinés à transporter des personnes.

Non seulement les moteurs électriques sont plus fiables que les moteurs conventionnels, mais ils sont aussi suffisamment légers pour que vous puissiez en placer plusieurs sur un seul avion, ce qui offre une marge de sécurité supplémentaire. La possibilité d’utiliser plusieurs moteurs, associée à des logiciels sophistiqués, offre une plus grande souplesse de conception, ouvrant la porte à de nouveaux types d’avions à décollage et atterrissage vertical (VTOL) qui se situent à cheval entre l’avion et l’hélicoptère classiques.

Cette technologie a été dépassée à la fin des années 2010. Uber, par exemple, a annoncé en 2017 qu’il visait à lancer un service de taxi VTOL à Dallas et à Dubaï en 2020. Au lieu de cela, Uber a vendu ses efforts en matière de taxis aériens pour lancer Joby en décembre 2020.
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Mais si la révolution VTOL n’a pas eu lieu aussi vite que certains des premiers promoteurs l’espéraient, l’industrie progresse. Le dernier signe en date est l’annonce que United Airlines investit dans le démarrage de VTOL Archer et a passé une commande d’un milliard de dollars pour 200 avions VTOL.

Archer collecte également des fonds auprès de Stellantis, la société issue de la récente fusion des constructeurs automobiles Fiat Chrysler et PSA Peugeot. Stellantis aidera Archer à fabriquer le fuselage en fibre de carbone de son avion. Ces investissements s’inscrivent dans le cadre du projet d’Archer de devenir une société publique par le biais d’une fusion avec une société d’acquisition à vocation spécifique.

Si les avions électriques à batterie présentent un certain nombre d’avantages, la faible densité énergétique des batteries (par rapport aux combustibles fossiles) signifie que les véhicules électriques ont une autonomie limitée. Le premier avion d’Archer, dont la sortie est prévue en 2024, est conçu pour une autonomie de 100 km et une vitesse maximale de 240 km/h. Cette autonomie n’est évidemment pas suffisante pour remplacer les vols commerciaux classiques.

 

Petits sauts et grands obstacles

Archer et d’autres personnes travaillant sur cette technologie envisagent une nouvelle classe de service aérien intra-urbain. Un client de United pourrait se rendre en voiture sur une courte distance jusqu’à un “vertiport” proche – peut-être dans un parking de banlieue ou au sommet d’un gratte-ciel urbain. Il peut ensuite parcourir 20 ou 30 miles en 15 ou 20 minutes jusqu’à un aéroport, un trajet qui, autrement, prendrait une heure en voiture. Les avions VTOL pourraient également transporter rapidement des passagers entre des villes voisines, par exemple de San Francisco à Palo Alto, de Dallas à Fort Worth ou de Baltimore à Washington.

Bien sûr, il est théoriquement possible de le faire par hélicoptère, et certaines personnes fortunées le font déjà. Mais les partisans de cette solution font valoir que les avions électriques VTOL ont le potentiel d’être plus sûrs, plus silencieux et beaucoup moins chers qu’un hélicoptère. Archer affirme que son avion produira un “bruit minimal” et que son coût sera comparable à celui d’un vol en Uber.

L’avion initial d’Archer nécessitera un pilote. Mais les partisans de la VTOL espèrent que nous finirons par disposer d’un logiciel suffisamment sophistiqué pour piloter l’avion par lui-même – ce qui éliminera le coût de la rémunération du pilote et de l’ouverture d’un siège supplémentaire pour un passager.

Au-delà des défis techniques liés à la conception du nouvel avion, la vision de la VTOL pose également des défis réglementaires importants. Il faut plusieurs années à la FAA pour approuver la conception d’un nouvel avion. De plus, la mise en service à grande échelle du transport aérien urbain nécessitera probablement une révision du système de contrôle du trafic aérien. Un grand nombre de petits avions parcourant de courtes distances pourrait submerger le système existant.

 

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